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 [E. C.] Evidence

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Marjo.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Jeu 20 Mai - 16:52

Dis, tu vas vraiment oser leur faire du mal? Vraiment vraiment?
Parce que cette atmosphère, si douce, si délicate, ne devrait pas être bouleversée par la souffrance. Même si on ressent déjà une certaine douleur dans leurs corps fragiles.

J'comprends ce que tu voulais dire quand tu m'disais que t'aimais Lou'. Je l'aime aussi, maintenant. Ce Tom me plaît, mais tu l'savais déjà.

Suite choute. ♥️
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Ven 21 Mai - 23:03

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    - Heu… Jun, j’ai pas de chambre pour elle.
    - Lullabye.
    - Oui, j’ai pas de chambre pour Lullabye, enfin tu le sais ça. Donc bah, soit vous vous serrez dans le lit, soit un de vous deux dort dans le canap’.
    - Il y a pas de soucis.

Jun était affalé dans le canapé, le cou reposé sur l’accoudoir, et les images qui défilaient à travers le téléviseur s’immisçaient dans ses pupilles pour n’y laisser qu’un message flou qui n’avait aucun sens. Oui, il était épuisé, mentalement inefficace, physiquement soumis à une fatigue peu explicable. Ça faisait trop d’émotions fortes pour une journée. Trop de paradoxes, de sentiments contraires, qui se mêlaient ensemble dans sa tête. Une sorte de brouhaha qui faisait siffler ses oreilles. Il s’était senti pousser des ailes, la culpabilité les lui avait brûlé, puis la crainte en avait fait des cendres poussiéreuses. Pourtant, il sentait toujours ces débris angéliques lui parcourir l’échine. Il espérait secrètement que l’arrêt de ces appels en boucle était le signe qu’elle avait résolu le problème, et non pas juste un coup de fatigue du standardiste de l’hôpital, ou qui que ce soit d’autre d’ailleurs.

« Pourquoi elle resterait pas ici ce soir ? Il y a de la place, puis de toute façon on se voit demain. »

A l’instant même où Bill avait déclamé ces mots, une douleur froide l’entailla, crépitant sous sa peau. Un coup de poignard de plus, et il ne savait pas d’où il provenait. Ça faisait mal, c’était tout. Et c’était amplement suffisant.
    - Si elle est d’accord, pourquoi pas.
    - Je vais lui demander alors.

Qu’aurait-il pu dire d’autre ? Qu’il voulait la garder près de lui, alors qu’il avait gouté chaque fragment de l’atmosphère qu’elle dégageait durant de long mois ? Puis Bill portait cette moue enfantine, qu’il n’avait pas vu depuis si longtemps. Cet air qui signifiait tout, et rien à la fois. Cette façon de dire qu’il voulait vivre un peu comme les autres, à travers elle, et qu’il lui montrerait les folies de sa vie peu ordinaire. Ce gamin qui jongle entre l’extase des plaisirs privilégiés, et le bonheur d’un quotidien banal.

Bill, depuis quand t’as remplacé les fondants au chocolat que te faisait ta mère par des contrefaçons dont le prix exorbitant est signé au glaçage. Tu l’as pas senti, ce goût amer qui te bousille le palais ?


Il jouait des accords, par ci par là, les liant à peine, puis parfois une mélodie élaborée se déversait dans la chambre, tel un océan qui guidait en douceur ses matelots égaré. Elle voulait s’y perdre dans cette mer bleue. Mais la tempête redevenait reine, quand ses doigts produisaient ce son saccadé si impropre. Elle ne savait pas trop depuis combien de temps elle l’observait ainsi, assise en tailleur, face à lui, ni pourquoi elle avait dit oui à Bill sans prendre le temps de réfléchir.
Elle le détestait. Elle détestait cette aura imparfaite qui tournait autour de lui, ces yeux mutins si vides de désir, et cette provocation irréelle. Elle sentait ce mécanisme qui faisait avancer son corps, et chacun de ces engrenages qui semblait rouillés par l’usure, comme si le temps dévoilait son masque. Ils étaient seuls dans sa chambre, et son costume de Dom Juan avait disparût, ne laissant qu’un fantôme aux pensées schwarz, comme il le murmurait tout bas, de temps à autre.

Pourquoi c’est si froid un cœur qui s’éteint ? Pourquoi tout s’est éteint ? Eteignez moi avec lui. Brûlez mon corps, comme vous avez brûlez ses ailes. Rendez moi ses lèvres. Rendez moi ses doigts fins, et ses caresses délicieuses. Rendez moi mon ange.



Tom la regardait silencieusement, scrutant les contours harmonieux que le soleil découvrait à sa vue petit à petit, des brins d’elle qu’il éclairait doucement, la frôlant à peine de sa lumière chaude de peur de l’abimer. Il s’immisçait dans sa cachette la plus intime depuis plusieurs jours déjà, et la saveur interdite que cela lui procurait anesthésiait le monde qui s’agitait autour de lui. Il n’y avait qu’elle, et ce petit être commençait à combler un espace dont l’immensité du néant le faisait parfois trembler.
Elle repartait ce soir, il ignorait où, il se contentait de savoir avec qui. Jun. Jun qui s’était gardé de lui dire où il comptait l’embarquer, comme s’il allait l’emmener dans un endroit autre que son appartement minable au centre de Berlin. Il avait vraiment besoin de repartir maintenant, alors que rien ne l’attendait chez lui ? A ce qu’il se souvenait, il venait tout juste de terminer un stage, et il n’avait aucun boulot à la clé, alors à quoi bon repartie vers cette vie maussade ?
Elle partait ce soir. Ce soir. Soit dix heures tout au plus, de courtes minutes qui s’écouleraient à une vitesse folle, alors qu’il avait appris que le temps ne laissait pas de traces. Celles là, elles lui feraient mal, ils les sentaient d’ors et déjà graver leurs marques sinueusement. En douceur, comme la pureté de sa peau de coton qui lui avait rempli les veines d’envie.
Chaque matin j’espère que mes yeux transpercent ton corps assez fort pour que tes paupières s’ouvre juste pour moi. Tes yeux dans les miens. Je les ai imaginer trop souvent, que ma rétine fini elle aussi par vouloir se perdre au milieu de tes draps finement froissés. J’ai envie de m’imbiber de chaque feuilles d’or qui forment tes rondeurs inexistantes, tes courbes vertigineuses.
J’aurais voulu être celui que tu contemplerais chaque matin. Le seul.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 23 Mai - 20:20

Vous pouvez lire les 3 parties indépendamment des autres. Elles sont liées, mais vous n'avez pas besoin d'en avoir lu une pour comprendre un autre. Vous pouvez les lire dans le désordre aussi. En fait vous faites ce que vous voulez x).


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Partie II : Life In Technicolor

Chapitre 1

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Georg sentait David cribler son dos de reproches, telles des balles qu’il lui envoyait de son regard menaçant. Il avait fini par perdre l’habitude de ces décharges électriques que lui procurait cette liberté si mal acquise. C’était proche du sensationnel, en beaucoup moins intense. Juste provocateur. Doux aussi, faut dire qu’elle avait l’air d’une poupée de porcelaine qu’il aurait eu peur de fragiliser.
C’était bien la première fois qu’il prenait une décision pareil, sur l’instant il n’avait pas hésité, la seconde suivante il l’avait regretté, mais la tendresse naïve qui s’émanait d’elle, le persuadait dans l’idée qu’elle était inoffensive, et cela le rassura un peu. De toute façon c’était trop tard, ils étaient là à siroter des boissons industrielles, dans cette pièce de béton armé, où les affaires marketing reprenaient leurs cours. Quelques journalistes allaient bientôt arriver, et la situation était compromettante.

Mais ce n’était pas tant ça qui l’angoissait, ou l’énervait plutôt. C’était la situation qui se ficelait derrière le décor, celle qui se cachait, rodant doucement, et surgissant d’un bond. Bill faisait semblant d’ignorer, et le reste de l’équipe n’en voyait pas les rouages. Pourtant il était là, et il essayait de devenir le centre, il jouait tellement bien ce rôle qu’ils pensaient qu’il en était le personnage. C’était juste un masque, un faux-semblant, ce n’était rien de la personne qu’il avait connu. Tom avait fini par s’extirper de sa propre réalité, et il s’immisçait dans la sienne. Il avait ce sourire destructeur qui bousillait tout sur son passage, et la cible du jour semblait être lui. Georg l’aurait tué sur place s’il en avait eu les moyens.

« Tom, qu’est ce que tu veux de moi ? » « … »
Il regardait la ligne blanche qui s’étalait finement sur la table de chevet de sa chambre. La pureté de cette poudre ne révélait que les dégâts dévastateurs qu’elle pouvait produire.
« Me dit pas que t’as recommencé. » « … » « Tom, répond moi quand je te parle ! »
Le brun avait des envies meurtrières, et il angoissait de façon démesurée. Il aurait tout fait pour appuyer sur la gâchette, et éliminer ce qui lui faisait si mal, juste le soulager. Il le savait, il s’était juste menti à lui-même : Tom avait le cœur meurtri, et il n’arrivait pas à panser sa blessure.


David sonna l’heure des aux-revoir, il était hors de questions pour lui, que de jeunes inconnus dévoilent l’envers du rideau solidement attaché. Puis s’ils avaient dû s’arrêter sur chaque fans médicalement défaillant, ils se seraient arrêtés de chanter depuis bien longtemps.
Les deux adolescents quittèrent le lieu, la jeune fille s’agrippait avec vigueur à son frère, de peur de tomber ou de rencontrer un obstacle sûrement. Elle leur sourit une dernière fois, puis la porte noire effaça toute trace de son ombre.
Un silence pesant refroidit l’ambiance, mais il ne tarda pas à être dérangé par l’arrivée bruyante des journalistes peu attendus.
Les questions plus maladroites les une que les autres s’enchaînaient, et Bill répondait du tac au tac, tant son discours avait été soigneusement appris. Parfois Tom plaçait quelques blagues de mauvais goût qui visait Georg comme à l’accoutumée. Ce dernier feignait en rire, mais l’effet qu’elles produisaient était semblable à la toute première fois. Tom l’avait eu à l’usure, il ne disait plus rien, taisant son agacement, lui laissant plus de place. Terré au fond de son siège, Gustav regardait la scène du coin de l’œil, louchant de temps à autre sur les formes rondes de la jeune femme. Ils n’ont jamais vraiment su ce qu’il pensait, ou comprenait de ce qu’il se passait, si quelque chose le touchait, ou si tout avait fini par lui passer au dessus de la tête. Il avait fini par se renfermer, se cloitré dans un cocon éloigné d’eux, et pourtant il devait bien être le seul à encore marcher sur terre.

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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 24 Mai - 10:20

T'abuse. Tu l'sais en plus.

Que veux-tu que je rajoute à ça? Tu as l'mot juste à chaque phrase pour te toucher en plein coeur.
J'les aime pas, eux.

Puis j'ai comme un arrière goût de descente aux enfers.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Jeu 10 Juin - 21:27

C'est bien parce que tu m'le demande que je poste I love you. Tu verras, là c'est plus doux.

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Elle sentait les gradins vibrer sous leur poids et elle s’accrochait à Ethan de peur qu’ils finissent par s’effondrer sous la trop forte tension que les fans leurs infligeaient. Fly n’était jamais allé à un concert de sa modeste vie, et elle n’en ressentait pas encore l’extase. Elle était pétrifiée, totalement désorientée par le vacarme qui était créer. La bulle de l’excitation ne lui avait pas encore ouvert ses portes, et sa peau n’était pas chatouillée par des particules savonnée qui aurait dû la faire frissonner d’envie. Non, elle avait juste froid dans cette salle qui respirait les corps bouillonnants.
Puis un son sortit de la masse de ce brouhaha. Un son hors du commun, unique, et si différent de ce qu’elle avait entendu jusqu’à ce jour. Les accords de Tom la transcendaient, et soudain ceux de Georg l’emportèrent à des milliers d’années lumière de la bulle où vivaient les fans. Elle était seule, dans un cocon dont la fibre était si imperceptible que personne n’aurait pu la détruire, pas même son frère. Une osmose parfaite, que ces quatre garçons remplissaient harmonieusement, comme si elle eut été seule enfermée avec eux.

Si le plus grand bonheur tuait ceux qu’il touchait, elle serait morte entre leurs bras.


La pièce se retrouvait nue peu à peu, se déchargeant de la dizaines d’hommes qui s’étaient empressés d’effectuer des vas et viens incessants afin de ranger le matériel de scène. Il n’y avait plus que la petite troupe, qui laissait peser une atmosphère de calme et sérénité. Ils étaient tous exténués, comme chaque soir où leurs prouesses attrapaient les corpuscules de leur énergie.
Tom discutait avec son frère et Benjamin, il avait délaissé Fly. Elle n’avait pas dû l’amuser tant que ça, puis seul le plaisir du jeu l’excitait. Georg essayait de téléguider sa colère ailleurs, car il fallait bien qu’il se l’avoue c’était bien grâce à lui qu’elle s’était retrouvée à papoter musique et dessins animés assise en tailleur face à lui. Mais les conditions le rendaient fou de rage, malgré le fait que rien ne transparaissait sur son visage, aussi joyeux qu’une heure auparavant. Il gardait toujours cette fraîcheur inaccessible par les autres, exprimée par ses traits, un soupçon de malice et une aura de protection.
Excuse moi si tes lèvres prononcent des syllabes qui m’échappent, j’ai la tête embrumée et le corps sans vie. Je pourrais t’écouter des heures sans rien entendre, juste pour contempler tes pommettes se rosir doucement quand une buée de silence t’intimide. Il est joli le timbre de ta voix, d’une pureté enfantine. J’aime bien quand tu ris aussi, une grâce éphémère que tu dissémines par touches discrètes.

J’aurais aimé te demander de rester un peu plus longtemps près de mon être terne pour que tu le colores de ton ruban océan, mais on sait tous les deux que je n’en ai pas le pouvoir. J’ai peur d’effrayer ton petit cœur, de le fragiliser trop fortement, je sais le son que produit la déchirure de cet organe qui bat sous ta peau quand l’espoir se fait violer par une chute libre. J’ai vu Tom se désintégrer, je n’aurais jamais la force de te faire suivre la même descente en enfer. Pardonne moi si tu attendais ces mots incertains dépasser la frontière de mes lèvres.



La vallée s’étendait devant leurs yeux soumis à la beauté du paysage, d’une sérénité absolue. Dream sortait paisiblement d’un rêve oublié, reposée sur les jambes de son frère, qui entremêlait entre ses doigts des brins d’une herbe desséchée par la chaleur de l’été.
    - Ethan, le soleil brillera aussi fort là-bas ?
    - Je ne sais pas.
    - …
    - Il parait que c’est froid un changement d’atmosphère, que ça glace ce que l’on est.
    - …
    - …
    - Excuse moi, excuse moi de ne pas ressentir ce vide qui commence à te dévorer. Je crois que c’est ce qui m’a toujours effrayé sur cette Terre, c’est de savoir que les liens que nous pouvons tisser avec les autres s’effritent bien plus vite qu’ils se sont consolidés.
    - C’est rien Fly, tu ne pouvais pas prévoir ce qui arrive.
    - Oui, je sais. C’est juste que, pour une fois, j’ai conscience de ne pas partager tes sentiments.
    - …
    - …
    - L’important c’est qu’on reste ensemble, hein petite sœur.

Il la serra fort dans ses bras, avant de la chatouiller au creux de ses reins, la zone la plus sensible qu’il connaissait d’elle. Puis leurs éclats de rire chassèrent quelques instants la nostalgie qui s’emparait de lui.

    - T’as toujours les traces de ce déménagement ?
    - Oui. Ça reste à vie ces machins là.
    - Hm…
    - Pourquoi tu me demandes ça ?
    - Non, rien, comme ça.
    - …
    - …
    - Memory ?
    - Oui, je ressasse le passé. Tu te souviens de ce que je t’ai dis, la veille de notre départ.
    - Un peu. Il n’y a que toi pour avoir la mémoire des mots, alors tu m’excuseras je ne me rappelle pas des détails.
    - …
    - Ca te fait toujours aussi peur ?
    - Non, ça me fait mal à l’intérieur.

Il leva sa tête, perdue dans ses cahiers, et regarda sa sœur, étonné et anxieux. Assise sur le rebord du canapé elle enfouissait sa tristesse dans une contemplation vague du ciel qui s’offrait à eux. Elle s’oubliait souvent devant cette vitre, à imaginer le décor qui se créait derrière elle. Il aurait aimé que quelques anges viennent s’y greffer, afin d’assécher ses larmes muettes. Leur transparence les rendait impénétrables, mais il savait parfaitement qu’elles s’engouffraient dans une de ses failles, et qu’elles finiraient bien par éclore un jour ou l’autre, quand sa petite sœur n’arriverait plus à les contenir.

    - Fly, raconte moi l’histoire de ton cœur.
    - Je ne pensais pas que ça pouvait être si douloureux de perdre quelqu’un. Dis moi, comment tu as fait pour supporter ça ?
    - J’ai écouté ta respiration régulière, elle m’a bercé chaque soir, et me rappelait que je devais être là pour toi.
    - …
    - Il reviendra te hanter toutes les nuits, apprivoise son ombre, avant que ses souvenirs te fassent perdre tes ailes.
    - Ethan, pourquoi ? Pourquoi tu sais toujours ce que je ressens ?
« Parce que je t’ai vu naître, et j’ai observé le moindre de tes gestes depuis ce jour là. J’ai testé les blessures des cœurs pour éviter que tu t’y cognes toi aussi. C’est un peu fragile ce qui bat sous ta poitrine, j’ai parfois peur qu’il se casse, ce mécanisme.»


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Jeu 10 Juin - 21:40

Plus doux certes, mais cette pointe de souffrance persiste quand je te lis. C'est les émotions, je crois. Cette fragile bulle de nostalgie, de mélancolie que tu crées autour de tes personnages subsiste encore après.
Merci. Mes supplications en valaient la peine, bien que je n'en doutais pas.
Il n'y a qu'avec toi que je ressens tout ça. Tes fictions, à chaque fois, ne ressemblent en rien à ce qu'on peut lire ailleurs. Tu as cette touche si personnelle qui flotte sur tes mots que je te reconnaitrais entre mille.
C'est ça qu'on appelle talent, non?

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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Ven 11 Juin - 20:08

Ouai, je pense. C'est le talent de tes mots qu'on reconnaitrait parmi des centaines.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Sam 12 Juin - 22:01

Vous abusez n_n'.

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Je n’ai jamais vraiment crû au destin, mais les coïncidences m’ont toujours semblées absurdes.
Elle tenait la lettre entre ces mains tremblantes et la lecture qu’en avait fait son frère bourdonnait encore au sein de ses tympans. C’était un peu trop fort pour une plaie tout juste cicatrisée. La nouvelle venait de l’entailler plus profondément, et des explosions d’espoir la brûlaient tout entière. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle allait le rencontrer de nouveau, après deux mois d’absence de lui. Deux longs mois. Aucun futur décent ne voulait se projeter au centre de ses pensées, seules des augures sombres tachées d’un pessimisme digne d’elle faisaient surface. L’espoir dont elle était imprégnée, c’était incendié aussi rapidement qu’il était apparu.
Pourquoi se souviendrait-il de moi ?


Lorsque Ethan sortit de la salle de bain, il fut troublé par la quiétude de la maison. Habituellement, à cette heure-ci, sa petite sœur menait une agitation animée en laissant planer des airs de musique parfois farfelus, ou bien simplement le timbre linéaire de la télévision. Et aujourd’hui, plus que les jours précédents. Il aurait dû l’entendre chantonner Ich Brech Aus à s’en effriter les poumons, danser au centre du salon et finir par vaciller, chavirée par l’excitation. Mais rien, les pièces étaient vides, toutes sans exception.
Toutes ?
Elle ne pouvait pas être sortie, elle n’en avait pas le droit. C’était la seule interdiction formelle qui lui avait été prodigué, comme si l’inhibition était un traitement à son regard sans vie.
L’idée qu’elle puisse être au cœur de la jungle urbaine le paralysa une demi-seconde à peine, puis l’effroi l’envahi, et il quitta leur habitation, déboussolé. Il ne savait ni où elle se trouvait, ni comment elle avait pu l’atteindre. Fly ne connaissait rien de cette ville, elle n’avait jamais parcouru ne serait-ce qu’un trajet de cinq minutes sans être accompagnée. Il était toujours là. Toujours.

Il ne fût pas tant étonné que ça, quand il croisa sa silhouette près du rivage, ses doigts déchiquetant un roseau qu’elle avait arracher à la Terre. Mère nature qu’elle détestait de l’avoir rendu si imparfaite.
Ils venaient là auparavant, dans ce recoin paisible, loin de la route, un bout de rivière caché par quelques arbres gondolants. Une bulle d’air marin au creux de cette pollution ambiante. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas mis les pieds ici, bien trop longtemps…

Ses pieds tapotaient dans l’eau, provoquant de petites ondes qui s’échappaient vers l’horizon. La hauteur de l’eau ne dépassait pas les dix centimètres, mais la gamine avait réussit à tremper son frère, l’éclaboussant par vagues de rafales humides. Il répliqua amusé, puis l’attrapa à la taille et la maintint sur son épaule, alors que celle-ci se débâtait fougueusement, en embuant de son rire cristallin l’atmosphère.

T’as trop grandit Dream, t’as trop grandit pour moi. J’aurais aimé que tu ne t’envoles pas si loin, pour te garder à mes côtés un peu plus longtemps. J’aurais aimé que tu restes ma petite Princesse au cœur d’argent.

    - J’ai eu peur, tu sais.
    - Oui… Je le sais.
    - …

Il s’assit à ses côtés, et elle allongea sa tête sur sa poitrine. Il caressa son dos doucement, et embrassa son front, essayant de réguler leurs respirations saccadées. Ses sanglots lui faisaient l’effet d’une lame amère enfoncée en plein être. Elle soupirait le morcèlement des parties d’elle-même, qu’elle avait difficilement recollé.

« Apprivoise son ombre un peu moins fort, tu risquerais d’oublier que le passé ne vit pas. »


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Dernière édition par Lullabye. le Mer 28 Juil - 8:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 13 Juin - 17:57

C'est toi qui abuses.

Citation :
« Apprivoise son ombre un peu moins fort, tu risquerais d’oublier que le passé ne vit pas. »

...

Mais j'aime bien quand tu fais ça.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 13 Juin - 19:31

Je suis totalement d'accord avec Marjo'.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 13 Juin - 20:01

Chut ><.

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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 13 Juin - 20:04

Nianiania.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 14 Juin - 10:50

Non pas chut :O ! (Aa)
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Sam 26 Juin - 7:45

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    - J’ai pas envie d’y aller.
    - Si, t’as juste peur de te perdre une seconde fois.
    - Ethan…
    - Allez, arrête de pleurer. Les anges ne s’immiscent pas sur ton chemin deux fois sans raison.

Elle s’accrocha à son tee-shirt et enfoui ses larmes dans l’odeur de menthe qui s’émanait de lui. Il l’encercla de ses bras, et la berça tendrement, au rythme du vent qui faisait osciller les roseaux. La dernière fois qu’il l’avait vu dans cet état, c’était quand ils étaient revenus de l’hôpital, après la tentative de suicide de Logan. Logan… Rien que d’entendre sa conscience prononcer ces deux syllabes lui écorchait la bouche. Il le détestait pour toutes les fois où il lui avait craché son mal être, et lui avait enlever le bonheur de la sérénité. Elle se prenait tout en pleine figure, et ne demandait rien en échange. Et lui, il ne s’arrêtait jamais, il enfonçait plus loin encore la lame qui lui transperçait le cœur et faisait jaillir des gerbes de sang. Logan…



C’était la première fois qu’il avait suivit ses conseils, et à la lettre. Pas un faux pas, pas une seule entourloupe. Il grandissait le gamin, ou du moins il perdait de sa vitalité. Oui, Tom n’écoutait jamais personne, et il était même rare qu’il s’entende lui-même, alors quand Gustav l’avait vu agir presque sous ses ordres, il était presque tombé à la renverse.
Combien de temps ça tiendrait, ce rafistolage, il n’en savait trop rien. Il se maudissait même d’avoir fait cette proposition qu’il augurait comme mauvaise. Tom était indiscernable, mais beaucoup trop prévisible, et sous son teint pâle il cachait rarement de bonnes idées. Il avait réparé son erreur rapidement, bien trop facilement, et Gustav prédictait que ses réelles intentions étaient déloyales, comme souvent ces derniers temps. Cela lui foutait le cafard, il ne savait plus quoi faire, et qui aider. Il était juste là, transparent, confesseur intime de ces anciens complices. Le temps s’était immiscé entre eux, les autres aussi. Les autres…


Elle avait le regard vide et les illusions perdues. Ses yeux divaguaient au loin sans précision, et ses gestes étaient vagues et dénués d’envie. Des cernes meurtrissaient son visage enfantin lui donnant l’air trop adulte. Son sourire semblait éteint, et ses prunelles sèches d’avoir versées trop de larmes. Gustav le voyait parfaitement qu’elle avait dû passer sa nuit à pleurer en ressassant des pensées qu’elle avait trouvé idiotes et insensées. Parce qu’ils le savaient bien que tout avait un goût absurde quand cela se rapportaient à eux. Plus rien n’avait de sens logique, tout était décuplé, parfois jusqu’à une déraison démesurée qui faisait perdre la tête à tout le monde. Gustav le voyait dans ses yeux ternes qu’elle respirait ce poison insipide qui en avait détruit plus d’une.
Son frère se tenait à sa droite, de la colère peinte sur son visage déformant les traits rassurants qu’il avait perçu la dernière fois qu’ils les avait vu. Il semblait prêt à bondir sur le premier qui oserait s’attaquer à sa petite sœur. Même sa main trahissait cette crispation, il tenait bien trop fermement celle de Fly, laissant apparaître des veines saillantes qui avait l’air de se dilater sous un trop-plein d’agressivité.

La situation n’était pas telle qu’il l’avait imaginé, ça ressemblait plus à un cauchemar qu’on venait à peine de commencer où seules les prémisses d’un futur chaos complet se faisaient ressentir. Gustav se serait menti à lui-même s’il avait dit que cela ne lui plaisait pas du tout. En réalité, un soulagement évident parcourait ses pensées : elle n’avait plus rien de la gamine naïve qui se serait égarée dans les méandres des enfers de Tom. La chute, quelle qu’elle soit, allait être moins douloureuse, et même si ce sourire morne le rendait triste, il l’effrayait moins qu’un visage radieux.

Les deux adolescents se trouvaient dans le hall de l’hôtel à régler les préparatifs avec David tandis que les garçons sirotaient tranquillement un coca dans un coin du lounge, les épiant discrètement. Fly et Ethan ne les avaient toujours pas remarquer, ce qui agaça Bill, qui commençait à s’impatienter. Ses doigts manucurés tapotaient frénétiquement son verre, faisant tinté un son impur. Il avait toujours le don pour énerver son frère, qui pour une fois essayait de maitriser ses pulsions et garder son calme. Oui, Bill venait de prendre un coup à son estime quand il les avait vu entrer sans prendre la peine de balayer la pièce du regard. Pas un seul coup d’œil rapide pour vérifier qu’ils étaient là ou non. Pas un regard exalté, rempli d’envie. Rien, comme s’ils se désintéressaient de leur propre présence ici, et que le groupe ne leur faisait pas plus d’effet que cela. C’était ce genre de détail que seul Bill notait, ce genre de chose infime qui l’énervait au premier abord puis l’angoissait le soir, reculé dans sa chambre trop froide à son sens.

« T’as perdu la partie. »

Ils restèrent muets face au mots prononcés par Gustav, ne comprenant pas le sens qui les possédaient. Puis se tournèrent face à Tom, que le blond fixait, déterminé. Les consciences de Bill et Georg respiraient l’incompréhension, et ils se tenaient interdits face à cette ambiance pesante qui venait d’être instaurée. Mais Tom rompit ce silence momentanément :
« Je sais. »

Dans cette lutte pacifique, seule Gustav remarqua la fine larme qui s’échoua sur la joue du dreadé dans une course ralentie par le murmure bruyant de son cœur. Il le savait bien que ses attaques répétées n’était qu’une façon d’oublier ce bruit hurlant en lui. Il le savait bien ce que ça faisait un cœur décimé en pièce.


Son sourire se forma discrètement quand elle senti son contact près d’elle. Là tout près, elle discernait les fragrances qui s’exhalaient de sa peau halée, une touche ambrée à la saveur caramel. Un trouble indiscernable s’empara d’elle : elle se souvenait de tout, de ce parfum, de ses gestes confiants, de la sensation de sa main la caressant. En un mois, elle n’avait rien oublié. Rien. Et tout la frappait de nouveau, tel une tornade qui dézinguait tout sur son passage, une seconde fois. Elle ne risquait pas d’en sortir indemne, et son ventre se contracta un peu plus. Il allait faire froid dans son monde, dès demain soir un vide anesthésiant allait tout dévorer. Cela la glaça instantanément, et son regard désabusé contrastait avec l’étirement éphémère de ses lèvres.
Georg observa ce sourire se dessiner et s’éteindre aussi rapidement, et une détonation inaudible raisonna en lui. Il ne comprenait pas toujours ce qu’il ressentait, mais la naïveté des adolescents ne l’avait jamais vraiment côtoyé, et il comprit à l’instant même où ses pas franchir le palier et que son cœur se mit à tambouriner immodérément dans sa poitrine qu’elle ne lui était pas indifférente.

J’ai envie de te prendre dans mes bras. Si tu savais à quel point j’ai envie de tenir ton corps frêle entre mes bras. Je le vois sur ta peau cotonneuse que le froid te paralyse un peu, l’épiderme nu de tes bras frissonne légèrement. J’aimerais te réchauffer un peu. Réchauffer ton sourire et tes pommettes rosées aussi. On dirait qu’il pleut dans tes yeux et ça me brûle un peu à l’intérieur. Ca me chatouille d’une façon si désagréable que j’aimerais tout arrêter pour faire cesser ce torrent.
Je ne le ferais pas, j’ai jamais eu le courage de faire quoi que ce soit. T’es comme une anesthésie générale qui bloque chacun de mes mouvements et m’angoisse au plus au point. Puis ici, au milieu de tout le monde, qui comprendrait mon geste. Je me sentirais idiot et dépourvu de moi-même dès lors que tu me repousserais sans préavis. Parce que tu me repousserais, je le sais.
Pourtant si tu savais à quel point j’aimerais te serrer dans mes bras et sentir les tiens s’enrouler autour de ma taille. Juste toi et moi.
Toi et moi.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Dim 27 Juin - 21:30

Pas ça, pas maintenant, pas avec cette fucking de musique en fond, pas aujourd'hui.
J'aurais pas du lire ce soir.
J'ai l'coeur défonsé. A cause de vous.
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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Mer 28 Juil - 16:55

I'm back Cool pour le meilleur et pour le pire.

Chapitre 1

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Elle tenait le papier fermement entre ses doigts, en tailleur sur son lit, son visage fixé dans le vide, ses yeux perçant la feuille sans effleurer ce qui y était inscrit à l’indélébile noir. Quelques maudits chiffres, qui lui trottaient dans la tête depuis plus de deux heures maintenant.
Elle se sentait idiote, inconsciente, ou trop consciente peut être. Ce qui ressemblait à la chance se sa vie, ou du moins la réponse qu’elle attendait depuis longtemps, lui était passée sous le nez avec sa volonté. Comment avait-elle pu dire non ? Ce simple mot qui venait de tout bousiller, une fraction de seconde qui lui retirait une partie de l’espoir qu’elle avait encore en elle. Hope… Elle ne l’avait pas volé son surnom, à trop croire aux contes de fées et aux désillusions.
« Non », cette syllabe résonnait aux creux de ses oreilles, si bien qu’elle n’aurait su reproduire la texture si autoritaire qu’elle avait émise. Une incompréhension déformait ses pensées, comme si, comme si elle n’eut jamais agît par elle-même. L’instant était flou, le souvenir quasiment inexistant, alors que tout ça ne s’était éteint il n’y a que quelques heures, dans ce foutu hall d’hôtel.

Parfois elle s’effrayait à ne plus être maître d’elle-même, à ne plus se contrôler, tel un automate ou une machine robotisée. Des fragments de sa mémoire se dissipaient, ou semblaient ne pas lui appartenir. Et tout ça la traumatisait de temps à autres, quand elle pensait à « toute cette histoire de fous ». Parce qu’elle avait peur, qu’un jour, cela dépasse la frontière des mots, et que ses actes deviennent incontrôlables.

    - I can bring you to them, if you’re sure that’s what you want.
    - … Hum. I’m… I’m not ready.
    - …
    - I don’t think I’m ready.
    - …
    - I don’t know.
    - That’s ok. I… I give you my phone number.

La jeune fille aux cheveux de jais appela un jeune homme qui se tenait à quelques mètres d’elle, puis lui murmura des paroles à la sonorité allemande qu’Hope ne put pas comprendre. Il crayonna sur un bout de papier quelques chiffres qu’il lui tendit. Hope lui sourit, embarrassée, à mis chemin entre le rêve et le cauchemar.
« You can call me when you want. »



    - Qu’est ce que tu comptes faire alors ?
    - Je sais pas.
    - …
    - J’en sais rien.
    - Tu… Tu vas l’appeler ?
    - J’en sais rien je te dis.

Au sein de ce crépuscule natif, Hope avait quitté le banc du parc, trop maussade, trop verdâtre, trop loin de sa réalité qui respirait violement sous sa poitrine.
Qu’est ce que tu veux que je te réponde d’autre. J’en sais rien de ce que je vais faire. J’ai cette putain d’envie de l’appeler, mais d’appeler qui ? Je la connais pas cette fille, je sais même pas son foutu nom et encore moins si elle a un lien avec le groupe. Un lien…

Ca se malmenait sous sa poitrine, ça se détruisait trop fort, et ça lui coupait le souffle. Elle détestait ce genre de soirée qu’elle commençait à connaître par cœur. Ces soirs là où tout se foutait en l’air, sans qu’elle ne comprenne vraiment pourquoi. Une conversation, quelques mots échangés, rien de compromettant, mais tout devenait sombre et une bribe de phrase pouvait la faire partir au quart de tour. Des instants où l’amusement dérivait sensiblement vers un mal être dont l’origine était parfaitement incertaine. Et ces matins de gueule de bois sans qu’aucune goutte d’un poison alcoolisé n’est coulé dans ses veines la veille.
Le lendemain matin, fut un de ces matins là. Tout tournait dans sa tête, et une migraine affreuse s’était imposée. Un cachet, deux cachets, trois cachets… Ca allait passer, comme le reste, mais dans combien de temps ?

Combien de temps je vais tenir à jouer ce jeu dont j’ignore les règles ?


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Mer 28 Juil - 16:58

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Ses doigts tremblaient légèrement, et son pouls s’accéléra gravement quand elle pressa la touche d’appel. Elle regarda un fraction de seconde le numéro qui s’affichait sur l’écran, comme pour s’assurer qu’elle ne rêvait plus, et appuya le téléphone contre sa tempe tel le canon d’un revolver. Cela ressemblait à une roulette russe en à peine moins périlleux.
Trois tintements agaçants retentirent, puis se tuèrent au sein du silence de sa chambre. Un arrêt sur image, une pause dans l’espace temps, et l’explosion de son espoir. La balle venait de partir, lui percutant l’organe central et martyrisant sa tête qui l’a faisait d’ors et déjà souffrir.
Qu’avait elle réellement crû ? Que la jolie brune n’était pas une farce ? Elle se sentait plus naïve qu’elle ne l’aurait imaginer, plus idiote sûrement. Des larmes naquirent sous ses prunelles qu’elle tenait close pour mieux contrôler ses spasmes dévastateurs. Il lui semblait que le monde s’éteignait souvent pour elle, et que la Terre s’arrêtait parfois de tourner. Ses mains accusèrent le coup, resserrant violement leur étreinte contre la couette colorée, laissant apparaître ses veines bleutées, finissant par lui faire mal tant le contact avec le tissu était rugueux.
Un laps de temps qui lui sembla éternel, alors qu’une dizaine de secondes s’étaient à peine écoulées. Cette suspension venait de s’interrompre, et une sonnerie s’éleva, lui glaçant le sang. Elle décrocha, les pensées inertes et le corps défaillant.
    - A..Allô ?
    - Je…Heu, c’est moi, la fille de la dernière fois.
    - …
    - J’ai préféré te rappeler pour que tu n’épuises pas ton crédit, comme je suis en Allemagne.
    - O..Okay. Mais ça va te coûter cher aussi.
    - Non, ne t’inquiètes pas pour ça. Ca te dérange pas si je te tutoie hun ?
    - Non, non, pas du tout.
    - …
    - Tu parles français en fait ?
    - Oui, excuse moi pour la fois où on s’est vu, je perds parfois mes repères et je savais pas qu’on était en France. Ma mère est d’origine française, donc voilà.
    - Mais comment tu sais que je suis française ?
    - L’indicatif de ton numéro.
    - Ah, d’accord…
    - …
    - Je devrais raccrocher, je suis désolée je sais pas ce qui m’a prit, je dois sûrement t’importuner là. Vraiment désolée.
    - Non, ne raccroche pas, tu ne me déranges pas du tout.
    - …
    - Je suis même plutôt rassurée que tu m’appelles. Enfin, tu vois, j’ai crû m’être trompée, mais il faut croire que non. C’est rassurant non, de savoir qu’on a pas tout perdu ?
    - … Oui, oui, bien sur. Je suppose que oui.
    - …
    - Tu croyais t’être trompée ? Trompée sur quoi ?
    - A ton propos.
    - A mon..
    - Excuse moi, je vais devoir raccrocher. -Ils pouvaient pas s’occuper de ça plus tard, c’était pas le moment là.-
    - Je, heu d’accord. C’est pas grave.
    - Vraiment désolée, je te rappellerais bientôt. Accroche toi à ce que tu crois.
Néant.


Elle se réveilla en sursaut, le corps parcouru de spasme, et une sueur froide parcourant son épiderme. C'était toujours ce cauchemar. Ce foutu cauchemar qu'elle faisait si souvent depuis près de trois mois.
Une impression étrange, comme si ce n'était pas vraiment elle, qu'elle était dans la peau d'un autre. Telle une marionnette, elle titubait, sa vue était floue parsemée de tâches multicolores, et elle déambulait au milieu de gens dont les visages lui semblaient familiers alors qu'elle n'avait aucune idée de qui il s'agissait. Une sorte de fête à l'allure glauque, et aux dérives trop démesurés. Elle se réveillait le plus souvent, lorsque son corps percutait le sol d'avoir été trop ivre.



Un haut le cœur l'a surpris au réveil, comme à chaque fois. Plus les jours passaient, plus ce maudit rêve se précisait sous ses paupières. Elle n'y comprenait rien, elle ne voulait pas le comprendre. Trop de pression s'exerçait sur elle, et ces questions n'arrangeaient rien. Cela l'a fatiguait de trouver un semblant de raisonnement cohérent, et elle avait simplement abandonné. Elle crût que le destin arrêterait de s'acharner sur elle, et que tout disparaitrait si elle cessait d'y croire. Croire à tout ça, a ce lien.
Et Clément au milieu de tout, au centre de son chaos et de ses pertes de contrôle momentanées. Elle ne savait plus sur quel pied danser avec lui, si Cupidon lui jouait de nouveau un tour et si son cœur périrait un peu plus loin dans la chute. Tout était compliqué, comme toujours, comme tout le reste.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Mer 28 Juil - 17:04

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Cela faisait deux semaine maintenant qu'elle attendait son coup de téléphone, mais rien ne venait, et elle n'espérait plus. L'idée de l'appeler elle-même l'avait effleurer les premiers jours puis s'était dissipée. A quoi bon ? A quoi bon plonger la tête la première dans une piscine vide ? Il fallait qu'elle avance, qu'elle s'éloigne de ces idées maussades et qu'elle embrasse la vie sans lui. C'était une sorte d'espoir sans réelle émotion, juste une fuite en avant.
Puis, son portable a vibré au fond de sa poche, alors qu'elle faisait semblant de rire parmi ses amis. L'illusion s'estompa lorsqu'elle découvrit le numéro de son correspondant, une allure fébrile se dessina sur son doux visage et le teint pâle de sa peau se révéla, démasqué. Une claque glacée la réveilla, et le ton fragile de sa voix lorsqu'elle leur demander de l'excuser, les surpris.
    - A..Allô ?
    - Oui… C'est moi, j'espère que je ne te dérange pas.
    - Non, non pas du tout.
    - Tant mieux alors.
    - …
    - …
    - Je pensais pas que tu me rappellerais pour tout te dire.
    - Je m'en doutes. C'était… assez compliqué. Tu comprendras un jour, je pense.
    - Hm. Au fait, je sais rien de toi, je sais même pas comment tu t'appelles, qui tu es. Rien, je sais rien.
    - Oui, c'est vrai qu'on n'a pas fait les présentations. Je m'appelle Fly, et je.. Heu… Je suis une amie du groupe. Je suppose que c'est ça que tu voulais savoir. Et toi jeune inconnue ?
    - Les gens m'appellent Hope depuis que je suis toute petite.
    - …
    - Dis pourquoi… pourquoi tu es venue me voir ce jour-là ? Pourquoi moi ?
    - T'avais l'air différente, je sais pas, je l'ai perçu, c'était autour de toi, une aura, un halo qui s'émanait de toi.
    - Tu l'as perçu ?
    - …
    - …
    - T'es différente pas vraie ? T'as quelque chose de spécial en toi, qui se rapporte au groupe.
    - Je.. Heu.. J'en sais rien. C'est Bill, je crois… Je ne sais plus. Je suis désolée, il faut que je raccroche. A une prochaine fois, ou non.
C'est Bill, je crois qu'il enchaîne ma vie et qu'il la déglingue à tout va. Parfois, ça m'effraie.

La sonnerie scolaire retentie dans tout l'établissement, et une pagaille s'en suivit : des élèves se bousculaient pour rejoindre leurs salles, d'autres les regardaient d'un air narquois, et certains cherchaient un endroit quelconque leur permettant d'échapper aux surveillants qui les rapatriaient vers le droit chemin. Puis les larges couloirs se retrouvèrent déserts, pas âme qui vive dans l'allée maussade où Hope avançait au ralenti. Après sa conversation, elle avait profiter de ce chahut pour s'envoler loin de ses amis, et errer seule, histoire de remettre ses idées en place. Mais rien, juste un cratère en fusion qui ne faisait que s'enflammer un peu plus et cramait ce qu'elle avait tenté de préserver d'elle. C'était juste un feu qui l'altérait, la mettant dans une colère vaine. Elle n'avait rien demandé, elle ne comprenait rien de ce qu'il se passait, et n'en voulait pas. Ce qui finissait souvent par l'a rendre hors d'elle-même, plus qu'elle ne pouvait l'être déjà. Au fond, que restait-il de son être ?
Elle navigua fébrilement dans les corridors, et s'enterra au dernier étage, dans un coin reclus. Elle s'assit contre le mur, le genoux contre sa poitrine, sa tête reposée en arrière, les yeux clos.
Je me souviens de tout. Du jour où j'ai compris, où j'ai commencé à y croire et de celui où j'ai éradiqué toutes ces fables pour enfants. Maintenant, je ne sais plus qui je suis, où je suis.
Ses larmes coulaient, dévalant ses joues, tant la douleur soudaine était insupportable. Sa gorge se serrait peu à peu, et les mots ne traversaient plus la barrière de ses lèvres. Elle était pétrifiée d’angoisse.
On l'avait conduite à l'hôpital, un kyste avait dit le médecin. Un truc inexpliqué, sorti de nul-part. Juste un kyste à la gorge. Juste comme lui, ce jour-ci.


Sa gorge se serra quelque peu, et des larmes discrètes s'échappèrent de ses yeux en amande. Elle avait subitement envie de tout saccager, de crier cette douleur qui rampait en elle, tortueuse et dévastatrice. Tout lui bousillait soudainement le cœur, elle n'y comprenait rien, et plus elle pensait plus ça l'a brulait. Des sanglots mortels s'enchainaient, elle martyrisait son jean, griffant ensuite la peau diaphane de ses poignets. Quelque chose devait cesser de l'empoisonner, où elle crèverait sur place. Maintenant, et sans raison.
Le ting-ting désagréable résonna de nouveau, cela faisait cinquante minutes qu'elle s'était perdu dans son néant. Elle se leva précipitamment, et déambula à tout vitesse avant que la marée humaine n'envahisse les couloirs du lycée. Hope courra jusqu'à la sortie, et rempli ses poumons d'une bouffée d'air frais. Elle haletait, hésita, puis se dirigea vers sa maison d'une démarche moins vive. Cela bouillonnait toujours aux tréfonds d'elle, comme une éruption volcanique qui de temps à autre faisait jaillir des gerbes brulantes, et se calmait un instant.
Elle ouvrit brutalement la porte de sa maison, qu'elle referma de la même manière, puis s'enfouie dans sa chambre. Ses affaires volèrent à travers la pièce afin d'atterrir nonchalamment sur le sol, et son corps se tapit sous la couette ombrée de son lit. Hopa cria, aussi fort qu'elle le put, mais tout tournait toujours dans sa tête, et la douleur était chaque seconde plus intense. Ses pleurs dévastaient tout, imbibant le tissu de ses maux. Son organisme finit par abdiquer, épuisé, et elle s'enferma dans un sommeil bancal.
Lorsqu'elle se réveilla, son esprit faisait des loopings infernaux, et son cœur avait envie de vomir. Les pensées malmenées, et les idées embrumées, elle avala sans réfléchir une quinzaine de pilules, des bleues, des blanches et d'autres. Des cachets qu'elle prenait modérément chaque soir depuis des mois, pour éteindre son désastre et dormir un peu.


Faites que ça cesse. Faites que tout ça s'arrête. Je peux plus. Ca cogne trop fort. J'en peux plus. Arrêtez tout. N’importe qui, n’importe quoi.
« Arrêtez ça. »

Son cri s’estompa dans les méandres de la nuit. Sa mère déboula dans sa chambre, et trouva sa fille inconsciente, allongée sur son lit. Le silence de l’espace fut rompu par un appel au secours angoissé qu’elle hurla.

Chaos.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Mer 28 Juil - 17:10

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Elle se réveilla en douceur, et son regard fébrile s’intensifia quand elle senti le contact trop blanc lui brûler la rétine. Un flux d’anxiété la parcouru, Hope mis un temps incertain à comprendre où elle était, et pourquoi elle y était. Puis des perles transparentes imbibèrent ses yeux avant de se crasher sur ses joues. Elle tenta de les chasser, en vain, la vue des perfusions accrochées à ses bras ne fit qu’aggraver la situation. Une main familière s’empara de son poignet, Hope leva la tête et enfouit sa tête dans les bras de son père.
    - Excuse moi Papa
    - Chh, repose toi mon ange. Repose toi.

Il lui caressa tendrement le dos, embrassant son front. La chaleur paternelle interrompit de façon éphémère l’embrasure de son corps. Un instant trop court.
    - Il y a quelqu’un qui aimerait te voir. Tu… Tu es d’accord ?
    - …
    - …
    - Oui…
    - Bien, je vais te laisser un peu. Ta mère va arriver d’ici une heure, elle s’occupait d’Elise.
    - Ok.
    - …
    - Papa ?
    - Oui ?
    - Je t’aime.
    - Moi aussi, mon ange.

Il caressa une dernière fois son front de ses lèvres, et quitta la pièce après avoir laissé Clément rentrer à l’intérieur. L’adolescent tenait maladroitement un bouquet de roses entre ses mains. A quelques mètres du lit d’hôpital, il l’a regardait à peine, fuyant ses yeux gris, se perdant sur le linoléum bleuté. La fenêtre laissait filtrer les rayons d’un soleil de début d’après midi, s’écrasant chaleureusement sur les fleurs qui laissaient planer une senteur agréable dans cet endroit quelque peu triste.
Il s’approcha finalement d’Hope, lui tendit les roses et murmura d’une voix tremblante : « Pardonne moi. »

Son nez chatouilla les pétales quelques larmes se mêlèrent au teint guimauve imitant la rosée du matin. Clément effaça du bout de son index ces gouttes translucides mais la jeune fille le repoussa, agrippant sa main et la laissant choir sur le bord du lit. Alors, elle déposa ses fleurs à ses côtés.

« T’avais pas le droit de me faire ça. De me quitter sans raison, de partir ainsi, sans me donner d’explications. T’avais pas le droit de juste me dire : « J’ai besoin de faire une pause. » T’avais pas le droit de me briser le cœur. Pas comme ça. Pas à ce moment là. »
Le garçon attrapa un vase, traversa la pièce, puis ressorti de la salle de bain. Il s’empara du bouquet et prit soin de le délivrer correctement, et transféra une à une les roses dans le vase de porcelaine.
    - Pourquoi tu dis rien ? Hun Clément ? Pourquoi t’es venu si c’est pour te taire.
    - …
    - Barre toi.
    - …
    - …
    - Je… J’avais besoin de temps. Pour toi, pour nous. Je savais plus où j’en étais.
    - Et t’as pensé à moi ?
    - Oui, bien sur que oui, je l’ai fais pour toi. Je pouvais pas te voir te noyer dans mon océan de désastre. T’allais déjà bien trop mal sans moi, t’aurais couler.
    - …
    - Je… Heu… Hope, pardonne moi. J’ai besoin de toi. Je peux plus me passer de toi, et te regarder t’enfoncer dans ce trou noir.
    - …
    - Pardonne moi. J’aurais dû être là et pas partir comme un lâche.
    - …
    - Hope, je t’aime.

Ses sanglots s’accélérèrent, il l’a pris subitement dans ses bras, et elle s’agrippa à son sweat, lovant sa tête dans son cou. Leur étreinte arrêta l’espace-temps. Un espace-temps si vide d’eux, si plein de rien, de cris, de larmes et de douleurs. Sa plaie restait ouverte, elle le sentait que ni lui, ni personne ici n’aurait pu l’a refermer.


Tandis qu'elle s'était rendormie après le départ de sa mère, son portable sonna, troublant la quiétude sinistre de la clinique. Hope se réveilla, la tête embuée, et répondu l'air encore perdue et endormie.
    - Allô ?
    - Hope ?
    - Oui…
    - …
    - Fly ?
    - Oui. Je… Tu vas peut-être trouver ça ridicule, enfin, je sais pas comment aborder ça.
    - … ?
    - Est-ce que, dis, est-ce que tu vas bien ?
    - Ca pourrait aller mieux.
    - Je m'inquiète pour toi. Ca doit te paraître bizarre, ouais ridicule c'est le mot, comme on ne se connaît pas. Pas tant que ça.
    - Non, si, un peu. J'en sais rien.
    - Hum.
    - Pourquoi… pourquoi tu t'inquiètes ?
    - C'est… Bill.
    - …
    - Il va pas bien, et… il a tenté de se suicider hier.

Son sang se retourna dans ses veines, et une paralysie générale glaça son feu ardent. Ce n'était pas possible, tout cela n'avait aucun sens. Tout cela ne pouvait pas être réel.

« Allô ? Hope ? T’es toujours là ? Hope, réponds s’il te plait. Dis moi que tout va bien pour toi. Hope ? »

Pourquoi tu t’accroches à moi de cette façon ? Pourquoi tu bousilles mon âme et me détruit ? Pourquoi moi ? J’ai mal de tout ça, j’ai mal de toi, mal de nous. Je peux pas guérir tes blessures, tu comprends ça ? Je suis rien, je suis en train de crever, j’ai pas la force de supporter plus que mon propre fardeau. Arrête. Arrête ce que t’as enclencher. Bill, s’il te plait, laisse moi.
Je te déteste.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 23 Aoû - 0:30

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Partie I : Love will tear us apart

Chapitre 2

[E. C.] Evidence - Page 2 Lights10
[E. C.] Evidence - Page 2 Love10
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Allongés sur leur lit, il massait doucement le creux des reins de Lou’ qui se laissait dorloter par la quiétude reposante du début de journée. Le soleil se faisait incolore, les draps bleutés interférant ses rayons, plongeant la pièce dans un délicieux cocon immatériel.

« Jun. Je m’ennuie. »

Il avait suffit de cette phrase, pour déclencher chez le jeune garçon une déferlante d’émotions. Un mélange entre de la colère et de l’anéantissement. Une chute libre qu’il croyait ralentie, mais dont la réalité frappante, venait de lui sauter au visage. Elle s’ennuyait depuis le début, dès lors qu’ils avaient quitté Hambourg. L’instant même où la maison des jumeaux s’était retrouvée hors de son champ de vision. Et cette idée lui trancha le cœur. Cœur qu’il avait nourri d’espoirs inespérés, d’envies inavouables, et d’un futur irréprochable. Ces quelques mots venaient de foutre en l’air ces illusions évidentes.

    - On va arranger ça. Tu veux qu’on sorte ? On a qu’à aller au cinéma, il doit bien y avoir un bon film à voir.
    - Jun, c’est pas ça. Je m’ennuie ici, j’ai envie d’être ailleurs.


Elle s’était relevée, s’essayant en tailleur, de sorte qu’il puisse contempler son visage dépourvu de tout artifice, et qui pourtant recelait une beauté indéchiffrable, nuancée par son sourire éteint et sérieux.
Il le savait bel et bien, que ce n’était pas ça, pas juste ça. C’est tellement plus, et peu à la fois. Qu’avait-il crû ? Qu’en la cloisonnant dans son appart’, seul avec elle, elle fléchirait ? Elle avait ce côté enfantin qui tranchait avec sa maturité inexorable, qu’il aimerait parfois qu’elle laisse sur le bord de la route tel un obstacle qui l’empêchait d’avancer. Lullabye était restée la même gamine, et leurs moments de complicité n’avaient jamais dépassés le cap de l’amitié, ce qu’il avait pourtant tenté plus d’une fois, durant ce long mois d’automne. Il ne pouvait plus le nier, la réalité était là devant ses yeux, rien ne pouvait désormais lui servir d’œillères et embraser ses rêves.


Je crois qu’il me manque, lui aussi.


« Jun, ramène moi chez eux. »

Ces syllabes s’entrechoquaient dans sa tête, comme un glas strident qu’on aurait fait tinter un peu trop fort. Ca faisait mal, putain de mal. Il ne pouvait rien y faire, c’était trop tard, bien trop tard, il l’avait vu dans ses yeux. Une explosion, un big-bang insonore qui avait tout dévasté, embrasé son cœur, allumé une étincelle, déclenché un torrent d’émotion. A l’instant même où ses yeux se sont posés sur lui, il avait compris qu’il lui avait tout volé, que ces sentiments devaient redevenir poussière et s’évaporer dans la nature de la même façon qu’ils étaient apparus. Le principe semblait simple, l’application, il le savait, ne le serait pas. Il n’y parviendrait jamais. Jamais. Le feu ardent pour elle lui brûlait l’échine et le rendait trop passionnel. Il avait fini par admettre ce qui bouillonnait en lui, et l’essence de ses sentiments s’était décuplée, laissant filtrer en lui une douceur exquise, une joie interdite, un bonheur rêvé. L’excitation des premiers émois amoureux, le frisson de la première fois. Jamais. Jamais il n’arriverait à l’oublier.

Lullabye s’était prostrée devant sa chambre, son sac posé à terre, prête à partir. Tout s’était passé si vite, un flash éclair, rien qu’un coup de téléphone, un acquiescement de la part de Tom, et c’était envolé. Elle quittait sa vie de la même façon qu’elle y était entré : brutale, sanglante, déroutante. Elle l’avait empoisonné sur son passage, et repartait sans un mot d’excuse. Une sorte d’apparition inopinée qu’il aurait aimé ne jamais voir le jour.
Jun ouvrit doucement ses paupières, comme pour ralentir le temps et éloigné l’instant fatidique. Puis il se leva de son lit, et la regarda intensément, le cœur lourd et la colère sourde. Jamais il ne l’oublierait.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 23 Aoû - 0:34

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Debout sur le quai de la gare, elle fixait les trains défiler, passer devant ses yeux et s’enfuir. Jun s’était assis sur un banc à quelques mètres d’elle, fumant cigarette sur cigarette tel un automate sans vie. Il le sentait que sa vie lui filait sous ses doigts, qu’elle avait retiré le cœur qui faisait battre ses organes, palpiter son sang, frémir son être.
Le temps était maussade, des nuages gris déployaient leur mauvaise humeur au gré du vent. Lou’ frissonnait mais elle ne semblait pas sans soucier, seule l’horloge analogique captivait son intérêt.

Dix minutes. Dix minutes et cette capitale terne s’éteint pour moi. Dix minutes avant le grand départ. Le voyage dans la gueule du loup. Une perdition dans l’abyme. Dis-moi Tom, est-ce que tu penses à moi autant que je pense à toi ?

Dix minutes. Dix minutes à tenir avant de m’effondrer en larmes et perdre tout contrôle. Encore dix minutes près d’elle, à sentir son parfum vanillé, observer son sourire rosé, caresser son nez finement dessiné. Dis moi Lou’, tu m’oublieras ?

Le train déboula, laissant derrière lui un vacarme assourdissant. Il avait peur, il avait mal, ça hurlait dans sa tête, ça criait son nom, ça la suppliait de rester. Jun jeta à terre son dernier mégot, se leva, et l’écrasa doucement contre le bitume grisé, au ralenti comme dans une romance hollywoodienne. Les mains dans ses poches il s’avança jusqu’à elle, l’air absent, détaché de la réalité. Plus rien ne semblait l’affecter. Il la sera contre lui, encerclant son corps frêle entre ses bras, regardant l’horizon, les yeux vidés de tout sens. L’air semblait ne plus rentrer dans ses poumons, il ne respira pas son atmosphère, le processus d’oubli était en marche.

« Jun, promets moi de ne jamais lire ma lettre. »

Envolé le papillon aux airs enfantins. Effacée.


Il faisait froid dans cette cage d’escalier insalubre. Il faisait noir. La peur crachait son venin sur les passagers du couloir de la mort, ou de l’oubli, c’était selon. Lullabye descendit les marches prudemment, s’aventurant dans la gueule du loup. Ses pas l’emmenaient dans la cave de l’immeuble, à l’abri des regards indiscrets.
Il l’attendait patiemment, comme toujours, s’amusant avec son verre autrefois riche en vodka, un regard dangereux brillant dans ses yeux. L’adolescente sourit lorsqu’elle croisa ses prunelles. Elle s’aventurait dans la gueule du loup et y prenait un étrange plaisir.

S’il te plait, ne lit pas ma lettre. Le monde n’est pas aussi beau qu’on le prétend.



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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 23 Aoû - 0:36

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J’ai le sentiment que le temps m’a volé ma vie, que ton absence a brûlé mon cœur. Si tu savais comme tu m’as manqué. Si tu savais à quel point j’ai peur de te perdre à nouveau. J’angoisse, plus que je n’arrive à le supporter. Chaque instant sans toi est une brûlure inexpliquée. J’ai peur, et j’ai le souffle coupé. J’ai peur de trouvé ce quai vide, que tu ne sois pas là et que mon cœur se carbonise. Si tu savais comme je pense à toi Lou’.
    - Arrête de penser ça.
    - Hm ? Penser quoi ?
    - Tom, fais pas l’enfant.
    - …
    - Elle sera là, tu verras.
    - Et s’il arrivait un truc, si elle faisait marche arrière et décidait de rester avec Jun. Et…
    - Arrête d’angoisser comme ça, il n’arrivera rien.
    - J’arrive pas à me contrôler, c’est plus fort que moi. Tu… tu sais pas ce que c’est.
    - Laisse moi rire… Je sais parfaitement ce que c’est, et de toute façon j’ai pas besoin de le savoir pour le ressentir, comme tu le dis tu contrôles rien et je me prends ton stress en pleine figure.
    - Merci du soutien Bill. Ca dérive toujours sur toi.
    - …
    - …
    - Elle sera là, et si ce n’est pas le cas, ce sera toi qui viendras à elle.

Tom enfuit sa tête dans les bras de son frère, susurrant un « merci » à peine audible. L’androgyne avait rarement l’occasion de consoler son jumeau. C’était souvent lui le plus faible, le plus fragile. Le cœur ouvert. Là c’était différent, c’était son domaine. Il était passé par ce chemin périlleux et il en connaissait tous les dangers, toutes les souffrances et toutes les erreurs. Tom n’était qu’un novice en plein apprentissage de la langue des âmes sœurs. Pour une fois, il allait être là pour lui, se savoir rassurant. Ca cicatrisait sa plaie récemment refermée. L’idée le fit sourire, réchauffant un peu plus son corps qu’il avait mis tant de temps à dégeler. Il embrassa le front de Tom et l’enlaça un peu plus fort.


La gare hambourgeoise grouillait de monde : des itinérants, des vagabonds perdus, des inconnus égarés. Elle regardait ces vas et vient tel un photographe à la recherche de son model parfait, de la bribe de vie à dérobé. Des instants cachés par la vitesse du temps, l’ignorance et la bêtise. Lullabye n’avait pas vu une foule semblable depuis longtemps, ces êtres préoccupés par leurs affaires oubliant ce qui se trame autour de leur petite personne. L’angoisse n’était pas tout à fait dissoute, des vertiges nauséeux faisaient des apparitions, mais elle les refoulait précipitamment. Elle n’était pas encore prête à affronter cette allure si vive, ces pas trop rapides, ces instants à cent à l’heure qu’elle avait appris à oublier.

Lorsque Tom lui tapota l’épaule, elle se leva soudainement du banc, affolée, avant de faire face à lui. Le cacophonie dont elle s’était protégée lui avait alors éclaté aux oreilles. Il avait rompu sa barrière au monde, et la peur qu’elle tentait de repousser venait de la dévorer. La jeune fille tremblait de tout son corps, elle ne savait plus où elle était, et pourquoi elle était là. Elle suffoquait, les larmes dévalaient ses joues, une crise de claustrophobie avalait toutes ses pensées. « Sort moi d’ici. » hurla-t-elle, alors que le son de sa voix ne se répercutait pas dans ses propres tympans. Elle cria plus fort, et plus fort encore, bousculée par le bourdonnement qui lui faisait perdre la tête.
L’adolescent la serra contre lui, calfeutrant ses oreilles entre ses bras. Il l’emprisonnait au plus près de son cœur pour qu’elle sente la chamade qui résonnait pour elle. Peu à peu elle se décrispa et sa respiration devient plus régulière, moins haletante. Tom ne desserra pas son étreinte immédiatement, il voulait ressentir un peu, vivre, percevoir son atmosphère, se sentir vivant. Lou’ s’accrocha doucement à son Tee-shirt à sa manière d’enfant, colla sa tête contre son corps chaud puis ferma les yeux. Elle était bien ici, en sécurité, loin de tout, loin de ses traumatismes.


« Calme toi, je suis là. Tout va bien. Chh, calme toi Lou’. »


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 23 Aoû - 0:40

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Posée sur le rebord de la fenêtre, elle sentait le vent s’infiltrer sous sa chevelure et caresser sa nuque. La nuit n’était pas aussi étoilée qu’elle l’aurait aimé, quelques nuages troublaient la clarté apaisante du ciel noir. L’air était froid, il traversait les mailles de son pull fin l’a faisant frissonner. Elle distinguait avec peine son étoile. Cette petite étoile cachée au milieu de centaines d’autres qui n’était attribuée à aucune constellation, qui n’appartenait qu’à eux.

L’air chaud humidifiait leurs visages. Allongés sur le sol, ils regardaient le ciel étoilé, leurs respirations se mêlaient : douces, fragiles, suffocantes. L’été accablait le pays, ils souffraient d’un manque d’oxygène certain, leurs cœurs battant trop vite.
Couchée à ses côtés, elle rivait ses yeux vers le point lointain que lui montrait du doigt l’adolescent.
    - Là regarde, tu l’as vois ?
    - Entre les deux constellations ?
    - Oui, celle-là.
    - …
    - Elle est jolie non ? Perdue au milieu des autres.
    - Oui. Cachée, silencieuse.
    - Tu l’aimes Lou’ ?
    - …
    - Elle nous appartient cette poussière lumineuse. Elle est nôtre.


    - Tu sais, normalement t’as pas le droit de te mettre là.
    - Je sais Bill… Je sais.
    - Hm…
    - J’ai juste besoin de m’y perdre dans cette masse noire pour me sentir mieux. Insignifiante…

Le garçon s’assit à ses côtés, laissant pendre ses jambes dans le vide. Il ferma les yeux et pencha sa tête en arrière un instant. Une légère bourrasque balayait ses cheveux noirs et blancs. Elle trouvait cela drôle son apparence si atypique, cette coiffure de félin impérieux, ces vêtements trop serrés, trop noirs, trop lui. Bill respira une grande bouffée d’oxygène, puis tourna son visage vers le sien. Son sourire s’éteignait, c’était une évidence qu’elle percevait au milieu de cette nuit sombre.
    - Moi ça m’effraie.
    - …
    - On se sent tout petit face à elles. Nous ne sommes rien, des êtres minuscules, inexistants. Elles finiront bien par nous tomber sur la têtes ces satanées boules de feu.
    - Peut-être un jour, qui sait ? Ce sera beau. Une explosion. Un jaillissement de lumières.
    - Probablement.
    - …
    - On ferait mieux de rentrer.
    - Dis Bill, pourquoi vous vivez dans le noir comme ça ? Pourquoi, tout semble interdit ici, comme coupé du monde ? Pour
    - Parce que le monde finirait par nous dévorer. C’est grand le monde Lou’, c’est immense. C’est plus imposant que ce ciel chargé d’étoiles, il nous détruirait le monde si on le laissait rentrer dans notre vie.


« Tu comprends hun Lou’ ? Ca nous permet de vivre. »

Mais tu meurs. Ca se voit dans tes yeux que tu commences à perdre le goût de ta vie. Je comprends pas Bill. Excuse moi.


Lullabye s’était installée dans son lit et partait tranquillement vers le pays des rêves. Bill l’a regardait, recroquevillant un peu plus ses jambes près de son torse. Simplement vêtu d’un tee-shirt et d’un jogging à peine serré, il prenait froid, laissant les courants d’air lui martyrisé le dos. Il descendit à son tour du bord de la fenêtre et referma silencieusement les volets. Il jeta un dernier coup d’œil à la jeune fille, un sourire triste sur les lèvres, puis quitta la chambre.

Pardonne moi si tu ne comprends pas tout ça : ces volets fermés, ce noir, ces lumières artificielles. C’est Tom qui ne veut rien te dire, il m’a fait promettre de ne rien te dévoiler. Il ne veut pas que tu saches et que ça te fasse fuir. Il a peur de te perdre, si tu savais à quel point ça le terrorise. Ca lui fait mal, ça lui fait déjà mal de savoir qu’il ne pourra pas t’apporter les choses dont tu rêves. Tu sais Lou’, je crois qu’il t’aime, mais il n’en est pas encore conscient.
Laisse lui le temps de respirer ton air, de se sentir heureux comme avant. Fais le rêver. Ne brise pas son cœur comme on est en train de briser le mien. S’il te plait.


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MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence - Page 2 Icon_minitime1Lun 23 Aoû - 0:44

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C’est étrange cette vie coupée du monde, loin de la réalité. C’est presque familier, contemporain de ma vie d’avant. Avant, comme si j’avais été victime d’une réincarnation, d’un changement brutal d’identité. Je suis toujours la même : faillible, indécise, vacillante.
J’ai jamais eu peur du noir, mais aujourd’hui c’est différent, ça commence à m’effrayer. Des ténèbres qui pourraient tous nous engloutir dans un néant. J’étais bien, les premières semaines, enfermée entre ces murs, loin du monde, loin du désastre. Maintenant je suffoque, et la lumière me donne envie. J’aimerais respirer l’air pur, sentir ma poitrine se soulever doucement, et expirer une grande bouffée d’oxygène comme on s’enivre de cocaïne. Planer un instant.

En cette après-midi hivernal Tom et la jeune fille se prélassaient tendrement dans le lit de celui-ci. Le guitariste était affalé sur le dos, caressant d’une main le bas du dos nu de Lou’, tenant de l’autre le livre qu’il dévorait : Voyage au bout du monde. Un rêve par intermittences, une vie par procuration, comme si seuls les livres lui donnaient la satisfaction de connaître l’univers qui se déployait derrière sa porte. La jolie brune savourait le contact de son prince, couchée sur le ventre elle fixait un point vide, perdue dans ses pensées plutôt dévastatrice.

Petit prince, ta rose se fane. Ses pétales s’envolent au loin, cherchant un exil, planant en liberté. Tom, rend moi innocente, prend mon cœur entre tes mains et ne le lâche jamais. Arrête ce saignement abondant, et fais le battre au rythme du tien.
Tom, embrasse moi.

tourna la tête vers lui, un sourire fébrile se dessinant sur son visage. Un sourire qui s’éteignit, inerte, déçu. Au bout du lit le garçon n’avait pas daigné quitter le bouquin des yeux, aspiré ailleurs, dans des contrées radieuses. Sa tête s’effondra sur l’oreiller, puis elle ferma ses paupières, humides. Une milliseconde plus tard, Tom laissa choir le roman sur son torse, et contempla Lou’. Dans ces moments là, il perdait toute assurance, affaibli, angoissé. Le monde pouvait bien être lumineux dehors, elle était sa seule source de chaleur, et il avait peur qu’elle s’éloigne et le laisse seul, l’âme déshumanisée, glaciale, inanimée. Il ne voulait pas la brusquer, l’effrayer, se perdre dans un lieu vide d’elle et se perdre avec elle. Tom se mentait à lui-même, il était particulièrement terrorisé à l’idée de se perdre avec elle, de ne plus avoir le contrôle, de la laisser entrer dans son cœur et de lui donner la clé, devenir cristallin. Frayeur d’une première fois, angoisse passionnée.

« Lou’, aime moi.»

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Partie II : Life In Technicolor

Chapitre 2

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Le bassiste frappa deux petits coups secs à la porte de la chambre d’ors et déjà ouverte. Dans la pénombre, la jeune fille déballait une valise, laissant traîner sur le lit une multitude d’affaires en pagaille. Elle arrêta une fraction de seconde ce qu’elle était en train de faire, comme aux aguets, puis repris ses manigances. Georg toqua une seconde fois, Fly se tourna cette fois-ci vers lui, ses yeux ébène se perdant dans l’ombre de sa silhouette.
« Hey » dit-il tout en lui faisant un signe de main, geste qu’il trouva ridicule l’instant d’après. Il était gêné et ne savait dire si ce trouble provenait du fait qu’ils étaient seuls dans cette pièce ou bien si c’était dû à son manque de tact. Il ignorait la façon dont il devait réagir, ce qu’il devait dire et ne pas dire. Son monde lui semblait à des planètes du sien, la différence était trop grande, presque palpable dans l’air qui s’imposait entre eux.
    - Hey… Désolée, j’ai pas réagi tout de suite, j’étais pas sure qu’il y avait quelqu’un. Ca joue des tours ces machins là.
    - Non c’est pas grave, je comprends.

Elle le fixa, gravement. C’était évident qu’il ne comprenait pas, qu’aurait-il pu comprendre ? Son regard le fit pâlir, il se figea, conscient de sa méprise. Comment pouvait-il imaginer la comprendre ? Il se sentait idiot, plus qu’il ne l’était précédemment. Fly se radoucit, et repris sa tâche monotone. Elle ne semblait pas d’humeur à parler, l’intensité froide gagnait du terrain dans cet espace clos. Le garçon hésita, puis repris la parole.
    - Ces machins là ?
    - …
    - Excuse-moi. Je vais pas t’embêter plus longtemps, je te laisse tranquille. A plus tard.
    - Ca passera.
    - Qu’est ce qui passera ?
    - Mon humeur agressive.
    - Non mais c’est rien, je devrais pas te parler de ça.
    - C’est pas ça, c’est pas un problème. Ca m’est égal d’en parler, ou qu’on me juge, ça n’a jamais eu d’importance.
    - …
    - Je me suis pas adaptée, j’ai les sens qui se bousculent, j’ai pas encore repéré tout le monde, le lieu. Ce genre de machins là.
    - Ah… Tu veux que je te présente à la bande ? Enfin si ça peut t’aider, je veux pas être.
    - Oui, ça me plairait.
    - …
    - Dis, est-ce que tu peux aller chercher mon frère ? J’ai pas envie de te déranger hein, mais je préfèrerais qu’il soit au courant, puis qu’il termine de vider la valise aussi.
    - Il y a pas de problème.
    - Merci. Il doit être en bas, il m’a dit qu’il allait boire un verre avec Bill.
    - Okay, à tout à l’heure.


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