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 [E. C.] Evidence

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Lullabye.
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MessageSujet: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 29 Avr - 15:54

Evidence
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Comment lire :
Spoiler:
 



Sommaire :

Partie 1 : Love will tear us apart
    [E. C.] Evidence Alice10
    Prologue : page 1
    Chapitre 1 : page 2
    Chapitre 2 : page 4




    Partie 2 : Life in technicolor
      [E. C.] Evidence Fly10
      Prologue : page 1
      Chapitre 1 : pages 2 & 3
      Chapitre 2 : page 4




      Partie 3 : Two people become one
        [E. C.] Evidence Quotes10
        Prologue : pages 1 & 2
        Chapitre 1 : pages 3 & 4





        © photos : www.weheartit.com
        © textes : Lou'.


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        Dernière édition par Lullabye. le Ven 3 Sep - 19:24, édité 15 fois
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 29 Avr - 15:59

        Partie I : Love will tear us apart
        (L'amour nous déchirera)


        Une histoire de berceuse, de pluie, d’orage et de lune aussi.

        _____________________________

        Lune de miel. Elle, son goût de saccharose, et son parfum sucré. Une peau trop mielleuse. Trop tentante. Peau nacrée, douceur vanillée, couleur neige.
        Neige d’hiver. Mains froides, et cœur glacé. Elle et son âme perdue, frigorifiée, comme un océan de glace. L’océan de ses yeux bleus, dans lequel il s’était engouffré.


        Elle est malade, malade du monde, malade d’elle-même. Et le monde est malade d’elle. Une plaie ouverte, où s’est entassé la frénésie d’une vie pétillante. Mauvais assemblage.


        _________________________________________________________


        Prologue

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        Elle regarde le ciel, comme tous les soirs, comme tous les matins. Ses yeux rivés sur ces petits êtres qui se déplacent à vives allures, vers l’une ou l’autre direction, sur un trottoir incrusté de l’humanité. Elle caresse entre ses doigts son envie de les rejoindre, entremêlant une mèche de ses cheveux chocolats au bout de son annulaire. Plaisir quotidien, transformé en rancune contre soi même. Habitude devenue perversité.
        Le téléphone ne sonnera pas, personne ne viendra toquer à sa porte, aucun être ne lui fera signe, ni aujourd’hui, ni demain. Jamais, elle s’en était convaincue. Excepté lui. Lui qu’elle détestait tant. L’Homme en Blouse Blanche.


        Je me souviens de ton rire, du moindre de tes soupirs, de ton souffle dans mon cou, de tes sourires enfermés dans le creux de mes reins, de tes baisers gravés et plus profonds de mon être. Je m’en souviens. Je m’en souviendrais toujours. De toi…

        « Hey Moon, tu viens, j’ai un lieu secret à te montrer. Allez viens, boude pas dans ton coin. Si tu continues, je vais t’appeler pig. » « Nan tu as pas le droit. » « Si, j’ai le droit. Pig ! Pig! » « Mais arrête ! » « Alors viens ».
        « Tu vois c’est beau pas vrai ? Puis d’ici on voit le lac, c’est pas aussi beau que la mer… J’aurais voulu te trouver un endroit d’où tu puisses voir l’océan. Avec moi. »


        « Lullabye, tu m’écoutes ? »
        L’Homme en Blouse Blanche.

        Un rire lui échappe. Rire enfantin, rire d’antan. On entendrait presque résonner la sonnerie de l’école, et le pas de ses écoliers. On s’observerait presque admirant la vitrine d’une boulangerie, la gourmandise plantée dans nos yeux. On se croirait presque redevenu enfant, le temps d’un éclats de secondes. Le temps de son rire. Elle recrée le monde. Seulement quand elle vit. Seulement quand Lui.

        « Je vois que je ne t’intéresse pas. Je m’en vais dans ce cas. Tu ne sortiras pas d’ici, tant que tu ne parleras pas Lullabye. »
        Plus d’Homme en Blouse Blanche.



        « Dis, tu m’aimes aussi fort que tu le prétends ? » « Pire encore ». Sa tête posée sur son épaule, elle se laissait aller aux caresses du vent, faisant voler ses cheveux harmonieusement. Elle regardait l’océan, tout comme lui. Aussi bleu que ses yeux, aussi azur que ses pupilles.
        « Ocean, dis, tu m’aimes aussi fort que tu le prétends ? » Elle ria amusée par sa question. « Pire encore » chuchota-t-elle au milieu de son étincellement de rire. Elle releva son corps fin, l’air farceur s’entremêlant dans sa robe chocolat, couleur de sa chevelure, qui valsait au même rythme que les battements de son cœur. La tête penchée en arrière, les yeux clos, elle humait le parfum iodé, où se jonchait l’odeur du bonheur. Deux mains enlacèrent sa taille, la serrant tendrement. Ses lèvres se pressèrent sur son cou, le caressant amoureusement.




        Un bruit récurant se fit entendre, sonorité agaçante, vite rompue. Il décrocha son bippeur d’un geste vif, et laissa échapper un soupir d’énervement. Jun le regardait impassible, quelque chose devait clocher, mais ça ce n’était pas son problème.
        « Je suis appelé pour un patient, qui fait une crise, enfin. Tu n’as pas besoin de venir, ce n’est pas de ton ressort. Je te laisse ici, de toute façon tu ne tireras rien de cette patiente, elle est là depuis plus de six mois, et elle n’a jamais parlé. Tiens son dossier, si tu veux le feuilleter. Je devrais revenir dans une vingtaine de minutes. »
        Jun s’empara de la pochette cartonnée, “ Chambre 426, 5ème étage “ indiquait le post-it collé sur la couverture. Dernier étage, dernière chambre, rien de mieux pour exclure quelqu’un, pensa-t-il.



          - Il est pas là le docteur ?, minauda-t-elle, une inquiétude d’enfant peinte sur son visage.
          - Une affaire urgente. Mais parlons plutôt de toi A…

        Elle avait bondit sur lui, s’asseyant sur ses genoux, le doigt posé sur ses lèvres en signe de se taire. Une angoisse s’était ancrée dans ses yeux.
          - Ce n’est plus mon prénom.
          - Plus ?

        Elle lâcha sa proie, et se rassit sur le bord de la fenêtre, comme s’il n’y avait plus personne dans la pièce. Désintérêt total pour le jeune homme.
          - Comment tu t’appelles alors ?
          - Peu importe. Un nom n’a jamais façonné une personne.
          - On a tous besoin d’un prénom, cela permet de nous identifié, de savoir qui on est et…
          - Et toi ?
          - Je ne t’ai pas autorisé le tutoiement, mais…
          - Moi non plus.

        Elle le toisa du regard, et le fixa dangereusement, retraçant chacune des courbes de son visage, le déstabilisant. Puis elle reprit sa contemplation de l’extérieur, à travers la vitre, et de nouveau rien ne semblait plus attiré son attention, si ce n’est l’enfant qui courait plusieurs mètres plus bas.



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        Dernière édition par Lullabye. le Mer 28 Juil - 7:51, édité 5 fois
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 29 Avr - 16:02

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        « On s’en ira je te le promet. On partira aussi loin que le monde nous le permet. » « Bientôt ? » « Oui bientôt. » « C’est loin. » La brise d’été caressait leurs deux corps entrelacés sur une herbe fraîche. Reposée sur lui, sa tête collée sur sa poitrine, elle s’endormit profondément, rythmée par le tempo régulier de son cœur.

          - Emmène moi avec toi. Loin d’ici.
          - Ca c’est pas dans le protocole.
          - Alors laisse moi.
          - On est là pour t’aider, tu sais. Tu n’es pas prête pour sortir, même de ton plein gré. Tu souffres toujours de cette phobie qui t’empêche le contact avec dehors, le monde extérieur, les gens, la société. Puis ta santé reste précaire, nous sommes certains qu’une fois dehors ton auto destruction refera surface, étant donné que tu ne l’as pas chassé. Et

        Elle se tient à côté de la porte de sa chambre, qu’elle vient d’ouvrir, attendant sagement qu’il sorte.
          - Tu vois, toi aussi tu peux sortir. Il te suffit de franchir ce palier.
          - Lullabye.
          - Lullabye ?
          - On m’appelle comme cela, ici.

        Restez ici, la chambre est facturée 200 euros par mois, une fois que la sécurité sociale, les aides, soient passées par là. Bonne journée.

        Sur ses derniers mots, elle s’en alla, laissant le jeune stagiaire seul dans sa chambre.
        Lullabye, c’est joli comme prénom. Comptine, en anglais.



        « Je t’aime. »
          - Jun, c’est quoi ton véritable prénom ?
          - Hm ?
          - Il m’aimait. Il m’aime toujours tu crois ?
          - Je n’en sais rien. J’ai toujours voulu m’appeler Hiroyuki, neige étendue.
          - C’est joli.

        Elle étira ses bras puis s’allongea dans son lit en chien de fusil, comme une enfant. Elle s’endormit paisiblement, sous le coup de ses habituels somnifères avalés il y a peu.
        Jun l’a regarda un instant : enfoncé dans son siège, il contemplait son visage à découvert, retraçant chacune de ses courbes fines qu’il avait finit par aimer tant.



          - Il parait que ton stage se finit dans une semaine. Content ?
          - Plus ou moins.
          - Tu devrais. T’imagines, tu verras plus tout ces fous.
          - Ils sont pas tous fous, puis.
          - Oh je t’en pris ça fait 15 ans que je travaille ici, à balayer, astiquer, nettoyer les couloirs, et à les entendre geindre, crier, à longueur de journées.
          - Hm. Sauf elle.
          - Alors, c’est bien vrai que tu te l’es entiché. Je croyais que c’était des rumeurs moi, tout ça. Et beh si j’avais su, j’aurais pas parié avec le gars de la cafet’.
          - Laisse tomber Antoine.


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        Dernière édition par Lullabye. le Mer 28 Juil - 7:52, édité 2 fois
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 29 Avr - 16:05

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        « Hey Jun, tu as regardé les étoiles hier ? Dis tu les a regardés ? Jun ? Tu t’endors souvent. J’aurais aimé les observer avec toi. Jun…»



          - Elle est jolie, vraiment.
          - Mouais. Je suis sceptique, tant que je l’aurais pas vu de mes yeux vu, étant donné tes dernières conquêtes.
          - Conquêtes, conquêtes, c’est pas un territoire non plus. On s’croirait sur un champ de bataille.
          - Arrête j’ai l’impression d’être dan la peau de Tom là. C’est qu’une expression hein.
          - Ouais, je sais, mais c’est tellement différent.
          - Elle à l’air de bien te prendre la tête surtout. Enfin, Jun, c’est qu’une fille, qui plus est enfermé dans un hôpital psychiatrique, dans lequel tu travailles, je suis pas sur que ce soit une bonne idée.
          - Hm.
          - Et elle là-dedans pourquoi au juste ?
          - J’en sais rien.
          - …
          - …
          - …
          - T’as pas lu son dossier ? C’est ta patiente quand même.
          - C’est compliqué Georg.
          - C’est juste un bout de papier à lire, il y a quoi de compliqué dans tout ça ?
          - Laisse tomber.
          - Bah explique. C’est ton boulot, non ?
          - J’la considère pas comme une patiente, ce serait comme si je violais son intimité, ça te vas ça comme réponse.
          - C’est bon, t’énerves pas.
          T’arrives quand samedi ?
          - Dans l’aprem.
          - Okay, bon je te laisse, on doit reprendre le travail. A ce week end.
          - Bye.

        Allongé sur son lit, il laissa tombé son téléphone à côté de lui, passa ses mains sur le visage, et ferma les yeux un long moment.



          - Lou’ pourquoi tu es ici ?
          - Parce que.
          - Regarde moi.

        Elle ne cilla pas, et s’enfonça dans un mutisme. Ses yeux perlèrent, les larmes descendaient le long de ses pommettes, et elle regardait la fenêtre inlassablement, presque inerte.
        « Le ciel est bleu, sans nuages à l’horizon, pure comme tes yeux. Sky ». Elle faisait mine de dormir, sa tête reposée sur l’herbe, près de lui, rêvant à leur conte de fée, et à son Happy-End. Il lui caressait le cou, sa peau trop douce, ne pensant à rien, qu’à eux.
          - Lou’ ?
          - Laisse moi.
          - Arrête tes enfantillages.
          - Laisse moi, je te dis.
          - C’est toujours plus simple de pleurer. Grandit un peu.

        Elle se précipita sur lui et lui frappa le torse de ses poings, laissant couler toutes les larmes de son corps. « T’as pas le droit de t’en aller. Pas toi. ». Il n’eut pas le temps de l’arrêter, qu’elle l’avait fait d’elle-même, ses forces perdues. Elle vacilla, puis sombra, il la rattrapa de justesse avant que sa tête ne cogne contre le sol.


        Elle regardait la poudre blanche. Pure. Aussi belle que la neige. Elle l’emmènerait au Paradis, là où vole son Ange. Et elle touchera l’Enfer, comme toujours. Pensées souillées.
        « Il parait que lorsque le bateau coule, le capitaine s’en va avec. Et si le monde disparaît, est ce que la fin emporte Dieu ? Alors dis moi, si tu t’es écroulé, pourquoi je vis encore ? »



        « Tu m’as fait une peur bleue. »
        Un éclair de panique traversa ses yeux. Assise sur un lit inhabituel, d’une couleur aseptisé, elle ne se rappelait plus de rien.
          - Je suis où ?
          - Calme toi, c’est rien, tu as fait un malaise tout à l’heure, tu te souviens.
          - La poudre blanche….
          - Hein ? Tu t’en es pris à moi, et tu es tombé dans les pommes.
          Qu’elle poudre blanche ?
          - …
          - Lou’ ?
          - Tu pars quand ?
          - Ce soir.
          - …
          - …
          - Tu regarderas les étoiles ? Il y en a une qui brille pour moi.
          - Oui je les regarderais, promis. Je suis sure que je la trouverais.
          - Elle ne brille que pour moi, tu ne pourras jamais la voir. Elle t’est inaccessible.
          - Lou’ ?
          - Oui ?
          - Qu’elle poudre blanche ?
          - La neige. Inaccessible.
          - …
          - J’ai besoin de me reposer. Vas t’en.


        « Dis moi, pourquoi je sens toujours l’air entrer dans mes poumons, sans qu’il ne puisse les consumer ? »


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        Dernière édition par Lullabye. le Mer 28 Juil - 7:53, édité 1 fois
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 29 Avr - 16:09

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        Il ne sait plus quelle force l'a poussé à agir ainsi, et comment ils ont atterris ici, dans ce train, loin de l'hôpital. Trop loin surement. Il tient encore sa lettre dans sa main, et son pouls bat le tambour, d'une trop grande effervescence. Il a décemment franchis la limite de la légalité, et ce désir de l'interdit le frappait de toutes parts, le laissant avec ce sentiment doux de l'excitation.
        Elle était là, assise en face de lui, regardant le paysage terne qui se déployait au gré du vent. Elle. Il s'en rendait compte maintenant, elle lui faisait perdre la tête, et ce depuis qu'il était rentré dans sa chambre. Une bombe à retardement, qu'il avait enclenché, et qui commençait à le décimer de l'intérieur, effaçant toute parcelle de lui, et se subjuguant d'elle. Il en était conscient. Et à la contempler ainsi, cela lui était bien égal. Il n'avait pas le cœur solide à la perdre, il ne s'en sentait pas près, et une voix intérieure semblait lui dire qu'il ne le serait jamais assez.
          - Hiroyuki, tu comptes la lire ma lettre ?
          - …
          - C'est une lettre d'adieu. Elle n'a plus de sens.
          - Je la jetterais, si tu le veux.
          - Non, garde là. Tu la liras un jour, quand je n'existerais plus à travers toi.
          - …




        « Queen rentre ! » criait-il au loin, Il pleut ! Sa voix disparaissait, avalée par le vent, ne formant plus qu'un murmure insondable. Elle dansait, faisant valser sa jolie robe rubis, couleur de feu et d'étincelles, aussi brulante qu'elle. Il s'élança à sa rencontre, percutant l'eau de plein fouet sans s'en soucier. Ses bras enlacèrent sa taille, la capturant, emprisonnant son être pour lui, et lui seul."

          - C'est beau la pluie.
          - Non je trouve pas.
          - …
          - Quoi ? Il fait tout gris, c'est maussade. On respire tous la tristesse, la nostalgie, et l'envie de partir lorsque le ciel se met à faire des siennes.
          - Oui, aussi.
          - Puis on va sortir du train sous l'eau, on va être trempé le temps de récupérer nos bagages, et de retourner à la voiture de Georg.
          - Les instants éphémères prennent une place importante dans nos vies.
          - ?



        Elle l’observait quelques mètres plus loin, s’attachant à chaque détail. Ses cheveux d’un ébène pas assez ténébreux, ses prunelles semblaient elles aussi s’adonner au ton caramel, son sourire était discret et franc, et sa carrure était imposante. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais un malaise conscient s’installa, une gène inexpliquée qui concernait ce personnage qu’elle avait déchiffré sans trop de difficulté. Il était trop simple, elle en était persuadée.
          - Si t’avais raison : elle est jolie.
          - Oui…
          - …
          - Ca ne te dérange pas ? Je suis désolé, ça c’est fait comme ça, s’il y a un problème je comprends très bien. J’ai pas envie de te déranger, je sais très bien comment ça se passe pour vous, et je n’assumerais pas le fait d’être une gène de …
          - Non, ça ira, t’en fais pas. Puis, contrairement aux jumeaux je ne suis pas traqué sans cesse. Il faudra juste faire attention. Quoiqu’il advienne tu es là de toute façon, tu te contenteras de prétendre que c’est ta copine.
          - Okay…
          - Ce qui n’est pas totalement faux, n’est ce pas ?
          - On n’est pas ensemble, Georg.
          - Pour l’instant.
          - Hum…
          - Bon, allez, il vaut mieux se dépêcher avant qu’il ne pleuve de nouveau. Ce serait idiot de lui tremper sa joli robe blanche.
          - Lou’, tu viens ?

        Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu les gens vivre. Cet affolement permanent, une excitation malsaine qui ravageait tout sur son passage. Les pas des passants résonnaient inlassablement sur le pavé grisé, un tintement assourdissant, mêlé au raffut des conversations qui ne formait qu’un brouhaha inaudible. Elle s’étourdissait, et ne manquait pas de faire des vertiges répétés lui infligeant un équilibre désarçonné. Elle peina à entendre l’appel de son nom, et s’empressa de rejoindre Jun, apeurée. La vie avait finit par perdre son sens originel. Son cocon protecteur était bien loin désormais.



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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Ven 30 Avr - 19:46

        Je n'étais pas dans le mauvais en ce qui concerne les italiques et autres... Smile
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 1 Mai - 22:39

        MDR
        J'avais pas vu ça xD
        Bon bah, maintenant, si vous y comprenez quelque chose, sachez que c'est grace à moi Cool
        Arrow

        Tu sais ce que j'en pense, je crois.
        J'les aime, enfin pour ce qu'ils sont vraiment. (:
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 8 Mai - 21:09

        Partie II : Life in technicolor
        (La vie en techicolor)

        Une histoire qui fait voler, rêver, découvrir et croire aussi.

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        Croyances imperceptibles. Elle, ses instincts décuplés, et ses sentiments intacts. Une innocence trop fragile. Trop surréaliste. Innocence emphatique, naïveté faussée, âme épurée.
        Pureté condamnant. L’esprit ouvert et le cœur chaud. Elle les regardait vivre de sa douceur naturelle, comme si la chaleur qu’elle portait ne caressait que les autres. La faille de sa vie, dans laquelle ils s’engouffraient.


        Elle est malade, malade de son corps, malade de sa vie. Et personne n’est malade d’elle. Un allocentrisme exploité, où chacun avalait son espoir sans rien lui cracher en retour. La cadence à sens unique.

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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 8 Mai - 21:12

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        Prologue

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        Elle contemplait le ciel, au rythme de la voix de son frère qui murmurait doucement les formes alambiqués des constellations qui s’étalaient dans cette nuit obscurcit par le départ lointain du soleil. L’air s’infiltrait dans ses cheveux, les faisant virevolter doucement, lui chatouillant la nuque. Il se chargeait de l’odeur apaisante de l’hiver imminent, des fragrances de solitude et de neige laiteuse.
          - Il va neiger bientôt.
          - Il est un peu tôt, tu ne crois pas ?
          - Je le sais. Il va neiger dans quelques jours.
          - …
          - Ethan, raconte moi la neige.

        J’ai pas la force de te laisser partir, de lâcher ta main, pour que tu t’envoles ailleurs, loin de moi. J’aimerais capturer tes ailes, enlever cette poudre qui brille en chaque homme et qui les fais voler. Parce que, dis moi Ethan, qui sera là quand tu seras parti ? Qui me bercera quand mes songes me feront crier ? Qui passera ses mains autour de ma taille, et soufflera cet air chaud dans mon cou, qui apaisera mes craintes ?
        Le monde est trop grand pour moi, seule je m’y perd, je ne trace qu’un chemin vertigineux qui zigzague dangereusement. Sans toi, j’ai peur de disparaître.

        Les yeux perdus, elle sentait le vent caresser ses petits doigts et l’envelopper dans une fraîcheur réconfortante. Assise sur les épaules de son frère, elle l’entendait observer le coucher de soleil qui peignait la vallée d’une lumière colorée. « Ethan, raconte moi le silence du soleil. »



        « Fly. Il faut que tu te lèves. » dit-il en soulevant une mèche qui embrumait son visage endormis. Elle était si sereine quand elle dormait, comme si un ange l’emportait avec lui chaque nuit, et la ramenait dans ce monde terne qu’elle ne connaitrait jamais vraiment. Ethan se dit que cette dernière pensée était mensongère, elle le connaissait bien mieux qu’eux ce monde froid, mais elle ne le connaitrait jamais comme eux.
        Elle fronça les sourcils, et s’enfonça un peu plus sous sa couette en marmonnant des plaintes inaudibles, puis se retourna dans son. Ethan se colla à son corps fin, et embrassa la douce peau qui n’était pas caché derrière ce masque de coton. Elle frissonna au contact de ses lèvres chaudes sur son épaule glacée.
          - Le concert est ce soir, laisse moi dormir encore, ronchonna-t-elle.
          - Oui, mais aujourd’hui c’est ta journée.
          - Ethan, j’ai envie de rêver.
          - Je te promets que si tu te lèves maintenant, ta journée sera le plus beau des rêves.
          - Promise…
          - Dream.



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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 8 Mai - 21:17

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        Il lui tenait doucement la main, la guidant à travers les passages escarpés et les larges avenues qu’ils empruntaient.
          - Elle portait un manteau noir fermé par cinq boutons dorés, une jupe droite verte qui lui arrivait au dessous des genoux, un collant noir opaque, des chaussures noires elles aussi, aux talons de cinq centimètres certainement, ouvertes sur le devant de ses pieds, ainsi qu’un sac à main plutôt gros, d’un vert émeraude, plus foncé que sa jupe. Elle avait un visage allongé, d’une peau assez blanche ; elle était très légèrement maquillée et ses cheveux blonds foncés étaient accrochés en chignon. D’une quarantaine d’années sûrement.
          - Elle marchait d’un pas pressé, et sa main triturait machinalement quelques chose de mécanique, au fond de sa poche je suppose. Elle sentait ce mélange de fraîcheur d’un gel douche peu parfumé, et la touche d’une fragrance d’ambre, de cannelle et de safran. Je pense qu’elle va rejoindre quelqu’un.
          - Peut être…
          - Lui ?
          - Non, lui il est passé trop rapidement près de moi. Le monsieur qui arrive vers nous.
          - Il est grand, plutôt carré, large d’épaule en fait. Il porte un costard gris, sa chemise est blanche, et il n’a pas de cravate. Il teint une petite mallette en cuir noir dans sa main gauche. Il a des chaussures italiennes noires cirées. Il est pas très grand, un petit peu en surpoids. Il doit avoir une soixantaine d’années je dirais ou plus.
          - …
          - Alors ?
          - Il a l’air triste. Il est sûrement seul. Pourtant ça à l’air d’être quelqu’un de très gentil, d’ouvert, et je pense qu’il est très affectueux. Non en fait, il respire pas la tristesse mais la mélancolie, et surtout la nostalgie.
          - Attends il va passer à côté de nous.
          - …
          - Vas-y c’est bon.
          - Il a dû perdre sa femme, ou quelque chose qui y ressemble.

        Ils s’arrêtèrent devant le premier magasin de vêtements de cette longue rue commerciale, et s’y aventurèrent l’un après l’autre. Une ambiance juvénile régnait, une musique au mélange pop et R’n’B faisait presque trembler les murs tant le volume était fort. C’était le genre d’endroit qu’elle détestait, il le savait très bien. La nuisance sonore affaiblissait toutes ses perceptions, et son intuition était réduite à néant, comme elle lui avait expliqué plus d’une fois ; mais c’était pour la bonne cause, et contrairement à d’habitude elle était contente d’être ici. Lorsqu’ils en sortirent elle portait une jolie petite robe blanche ceinturée d’un ruban de soie bleue. La fluidité de la matière enrobait son corps comme si elle fut dessinée pour elle.


        Des particules enneigées parsemaient sa chevelure ébène, se mêlant au tissu nacré qui enlaçait son corps fluet. Sa robe volait, emmener par le vent, comme s’il eut envie de la prendre avec lui, pour l’emmener sur une autre galaxie, à côtoyés les anges. Un sourire illumina sa peau lacté un court instant, comme un cliché éphémère qu’on volait au temps la seconde d’un flash indolore. « La neige. C’est doux quand elle caresse ma peau, et que ses flocons la poignardent de leurs cristaux glacés. Dis Ethan, c’est ça le bonheur ? »


        Il aimait la contempler, dérober les parcelles de son être et les tenir secrètement enfermés dans une boite dissimulée dans un recoin de sa mémoire, avant que ses yeux d’un noir intense lui confèrent l’ordre d’arrêter. Tel un photographe clandestin, il emprisonnait les traits d’un modèle à la beauté irréaliste, une suspension dans l’espace temps qu’était l’univers.
        Elle dégustait une glace au parfum délicieux de la mangue, savourant chaque fragment sucré qui venait chatouiller son palais. Son expression trahissait une acrimonie qui ne disparaissait pas au contact de cette saveur édulcorée qui caressait ses lèvres rosées. Le soleil embrasait son épiderme, et on pouvait sentir son cœur se tordre de douleur sous le froid qui le transperçait.

        « Dream, t’as perdu ton bonheur en court de route, tu l’as disséminé derrière toi pour que chacun puisse l’apprivoiser. Mais dis moi, Dream, tu te souviens de la chaleur du bonheur sur ton cœur ? »

        Son silence, toujours son silence. Ce silence qui lui lançait des piques assourdissantes, vibrant le long de ses tempes, un brouhaha qui s’accaparait tout son esprit. Celui qui lui rappelait à quel point il était faible, son impéritie à la protéger, elle si vulnérable. Ca le rongeait de toute part, et dans leur enfance cela le plongeait parfois dans un mutisme profond dont il espérait resté enfermé pour ne pas voir ses petits yeux inertes pleurer.
        Sa princesse ne pleurait plus depuis longtemps, elle avait grandit, calfeutrant en tant que souvenirs ses blessures qu’elle laissait accessibles à tous. Surtout à lui. Elle conservait coincée en elle cette perméabilité aux émotions, ses pleures étaient juste devenus silencieux, déshydratés et recelaient parfois un sourire ambigu.

          - Bon… On y va à ce concert ?
          - On est pas pressé il nous reste près de deux heures avant que ça ne commence. J’ai pas envie d’être enfermée, alors qu’il fait beau dehors.
          - …


        Une mélodie qu’il connaissait par cœur fit écho dans la tranquillité du lieu. « Archtung, Fertig, Los und Lauf » chantonna-t-il, avant qu’elle ne décroche et mit fin au vacarme produit.

        « Hey… Non, je peux pas venir. Pas maintenant… Excuse moi Logan, je peux vraiment pas venir te voir… Arrête de pleurer, s’il te plait… Tout ira bien, je te le promets… Moi aussi. »
          - …
          - Quoi ?
          - Rien.
          - Alors arrête de me regarder comme ça.
          - Fly, je ne te regardes pas.
          - Si… Je le sens tes reproches rivés sur moi.
          - Aller, on s’en va.
          - Mais…
          - Le soleil à une faible intensité face à ce qui t’attend.



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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 8 Mai - 21:21

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          - Ethan ?, dit-elle un soupçon d’inquiétude dans la voix.
          - Oui ?
          - On.. On est où ?
          - Chhh, ils arrivent.
          - Ethan, dis moi où on est. Dis moi pourquoi on a traversé la salle et on s’est pas arrêté., commença-t-elle à s’énerver, l’angoisse grimpant subitement.
          - Fly ?
          - Oui ?, murmura-t-elle.
          - Tu me fais confiance ?
          - …
          - Rêve moins fort, tout le monde t’entend.
          - … ?
          - Dream.
          - Arrête de m’appeler comme ça. J’aime pas rêver… Tu comptes me dire où..

        Des rires enfantins l’embarquèrent dans une stupeur paralysante, elle se sentit emmener dans un monde irréel. Sa voix, cette foutue voix qui faisait trembler ses tympans à longueur de journée, se rapprochait peu à peu. Ces quatre garçons qui domptaient ses rêves ensommeillés, se tenaient à quelques centimètres d’elle. Elle sentait leur présence, cette substance qu’était la vie, s’émaner de leurs corps et se diffuser dans toute la pièce pour mieux envahir son petit cœur tremblant. Il s’était réchauffer d’un coup, et ce changement brutal de température lui faisait perdre la tête. Elle se colla plus fortement à son frère, qui lui caressait le dos tendrement, en lui murmurant doucement au creux de l’oreille : « Dream, rêve moins fort, tu risquerais d’oublier la réalité de l’instant présent. »

        Une porte s’ouvrit, et la pièce dans laquelle ils se tenaient se trouva soudainement submerger par plus d’une dizaine de personnes. Elle distinguait essentiellement des jeunes filles, certainement de son âge, qui tantôt chuchotaient nerveusement, et tantôt émettaient des cris aigües qui lui détruisaient les sens, comme si ces perceptions se réglaient telle une radio dont la fréquence était brouillée. Elle détestait ça, et la chose ne semblait pas avoir pour but de s’améliorer. Ethan la serra contre lui, et elle se lova dans ses bras, agrippant son tee-shirt de ces deux mains, espérant que ce chaos qui résonnait dans sa tête cesse. Il lui recouvrait les oreilles, encerclant son visage de ses bras vêtue de la matière chaude de son sweat en coton. La tournure qu’avait pris son rêve le déconcertait, autant qu’il s’y attendait. Elle avait volé trop tôt, et chuter trop vite.

          - Ethan ?
          - Oui ?
          - Est-ce que le monde les oubliera un jour ?
          - Peut être. Et toi, Fly, tu les oublieras ?
          - Non.
          - …
          - Dis Ethan, est-ce que lorsqu’un rêve se réalise, la flamme qui brûle en soi s’éteint ?
          - Je ne sais pas.
          - …
          - Tu les rencontreras, je te le promets.
          - Arrête. Ta promesse ne se réalisera jamais, alors ne promets pas.
          - …
          - J’ai peur, que si ce rêve se réalise, tout s’efface. C’est idiot.


        Ils ne surent dire combien de temps ils restèrent ainsi, une trentaine de minutes sûrement, certainement pas plus, l’un comme l’autre savaient très bien que ce genre d’occasion était éphémère et calculée. Il avait essayer une fois ou deux, de défaire son étreinte et de lui raconter le monde qui se déroulait sous ses yeux, mais le bruit incessant lui déchirait les tympans, et il ne supportait pas de voir ces larmes monter au bord de ses yeux sombres. Il n’avait fait que lui apporter un cauchemar, et cette idée lui percutait le cœur de manière incessante.



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        Dernière édition par Lullabye. le Lun 23 Aoû - 0:23, édité 3 fois
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Sam 8 Mai - 21:33

        _________________________________________________________


        La troupe de fans était poussée vers la sortie, et ils furent contraints de s’embarquer dans ce cortège. Mais avant de franchir la porte, une main solide attrapa Ethan, lui faisant signe d’arrêter son parcours et de se retourner.
        « Attendez, dit Georg, le concert ne commence pas tout de suite. » Le vigile qui l’empoignait, décontracta son étau, et les invita à s’approcher du groupe qui se tenait toujours debout au centre de la pièce. « Les consignes sont les mêmes que tout à l’heure, mais comme je suis convaincu que vous les suivrez sans soucis j’ai pas besoin de vous les répéter. Vous êtes chanceux. » dit-il, en souriant très légèrement. Il sembla à Ethan que c’était le genre de type, à voir ses expressions durcir sous le joug de sa profession.

        Il se tourna vers sa petite sœur, dont les bras s'agrippaient au sien comme si elle eut à peine cinq ans. Une pluie salée humidifiait son visage, qu’elle tentait de cacher, la tête fixant le sol inlassablement. Son monde s’était retrouvé emporté parmi les vents dans une tempête dont l’ampleur la déconcertait. Et son emprise, ne faisait que trahir le mal de mer qui la submergeait. L’angoisse pour elle, avait toujours été une émotion très violente.
          - Fly ?
          - ...
          - ...
          - Ethan, on peut rentrer à la maison ?
          - Tu...Tu veux rentrer ?
          - J’ai encore plus froid qu’avant.
          - ...
          - On a du chocolat chaud si tu veux, dit alors le bassiste.
          - ...
          - Fly, répond., lui chuchota son frère, anxieux face à la situation.
          - Ou..Oui je veux bien, s’il vous plait.

        Sa langue ricochait entre ses lèvres, et sa voix tremblotait légèrement. « Viens t’assoir, il fait meilleur assit sur un canapé moelleux » lui dit Georg, tout en lui tendant la main. « Devant toi. » entendit-elle murmurer son frère, pour que seule elle puisse déceler le message. Elle l’attrapa, sentant sa paume chaude entre ses doigts, une douceur mêlée à la solidité de sa prise. Il ressemblait à l’image qu’elle avait de lui, un caractère de prince doux confiné dans une carapace inflexible.
        Son frère se cala à ses côtés, dans l’immense canapé en cuir noir qui trônait près d’un buffet mis à la disposition des garçons. Il mesurait la chaleur de la boisson qu’on avait tendue à sa sœur, avant de disposer la tasse entre ses mains.
          - C’est bien la première fois que quelqu’un pleure pendant un backstage, enfin si des fois elles pleurent, mais de joie, pas de tristesse.
          - Il faut bien un début à tout Bill. Pourquoi tu dis ça ? Ça a blessé ton égo ?, ria Tom.
          - Tu parles, c’est plutôt toi qui a dû prendre un coup à ton sex-appeal.
          - C’est pas ça qui va changer les choses. Hun Georg ? Je suis toujours aussi beau.
          - Mais oui mon Tomichou.

        Les quatre complices explosaient de rire, ce qui ne manquait pas de révéler un stress explosif qui commençait à les déposséder de leurs émotions. Un sourire se dessina sur le visage de la jeune fille, qui essayait tant bien que mal de se décontracter. A croire que la chaleur sucrée qui traversait sa gorge, s’infiltrait dans son cœur, lui redonnant un peu de la tiédeur qu’il avait laissée s’envoler.
          - Vous êtes frère et sœur ?, questionna Bill.
          - Oui.
          - Vous avez l’air très proches.
          - On dirait vous, renchérit Gustav.
          - Oui, Fly et moi on a deux ans de différence environ, puis c’est normal.
          - Pas tant que ça, pas mal de frère et sœur passent leur temps à se disputer.
          - C’est sur.
          - ...
          - En fait, c’est normal, parce que je suis différente.
          - T’es différente ?, susurra Bill, curieux et surpris.
          - Bah t’as pas l’air., dit Tom amusé, Nous on en a vu des spécimens, des gens bizarres, et t’as l’air plus que normale tu sais. Quand on te compare à Bill –le gars avec des cheveux bizarres-, l’alien on dirait plutôt lui.
        « C’est juste que mon frère est le seul à savoir me raconter le monde, parce que mes yeux n’en atteignent plus la lumière depuis que je suis petite. Il parait que c’est joli le monde. Une farandole de formes et de couleurs. Technicolor. »



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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Dim 9 Mai - 13:49

        J'aime quand t'écris, j'aime tes mots. Ils sont beau, tout doux.
        Je viens seulement de comprendre que ça n'a aucun rapport au niveau des personnages.
        Je suis conne --'
        Mais j'aime (l)
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 12 Mai - 17:51

        Les parties sont 'distinctes' en quelque sorte : ). J'aimerais bien savoir qui vous préférez.

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        Partie III : Two People Become One
        (Deux personnes deviennent une)

        Une histoire d’espoir, d’envie, d’émotions, et d’illusion aussi.

        _____________________________


        Illusion démesurée. Elle, ses rêves effacés, et ses bonheurs évaporés. Une irréalité trop pesante. Trop subversive. Une de celles qui ont pris le dessus, contrôler une vie.
        Vie défaillante. Le cœur lourd, et l’âme acide. Elle s’enfonçait dans une chute libre, comme si un acide lui perforait l’être, petit à petit. Le calvaire de son être, dans lequel il s’était engouffré.


        Elle est malade, malade de la vie, malade de lui. Et lui, s’était rendu malade d’elle. Une dépendance inconsciente, où se régénérait perpétuellement les souffrances d’un monde antagoniste. Le jeu semblait perdu.


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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 12 Mai - 17:53

        Prologue

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        [E. C.] Evidence 50509836-8c7781541ed7d9425010328b8f20553e.4b4251a1-full_tiny
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        _________________________________________________________

        Elle observait le ciel, perdant ses yeux au milieu d’une farandole de points lumineux. Elle espérait que les constellations qui éclairaient son jardin secret l’entraineraient dans un sommeil réparateur. Ses pensées n’’influaient rien de bon, tout tournait, se retournait, se mélangeait, et seul un trouble agité en sortait vivant.
        L’habitude de regarder les heures défilées sans jamais pouvoir les attraper l’avait regagné. Le jeu continuait, la partie n’était toujours pas terminée, et les règles lui échappaient.
        Elle avala quelques cachets qui trainaient sur sa table de chevet, une tentation incontrôlée, elle ne pensait à rien. Excepté lui.


        Et si je ne t’avais pas connu, ça aurait changé les choses ? J’aimerais un jour savoir pourquoi. Pourquoi toi, pourquoi moi ? J’ai finis par m’en persuader que nous, ça existait. Ca existera peut être. Ou plutôt, ça n’existera jamais. Je perds pied, mais ça tu ne le comprends pas, tu le ressens au moins ?
        C’est qu’une illusion pas vrai ? Un mensonge de plus, une histoire malmenée pour pas grand-chose. Qui s’en souciera de toute façon ? Pas toi, certainement.

        Le monde s’écroulait, sa voix se mourrait. Plus rien ne comptais ici, dans cette pièce trop clair, où des lumières artificielles lui déchiraient les rétines. Seul les cris, les pleures, les déceptions étaient perceptibles, à quelques mètres de là. Dire qu’ils allaient faire vibrer ces milliers de personnes.
        Ses larmes coulaient, dévalant ses joues, tant la douleur soudaine était insupportable. Sa gorge se serrait peu à peu, et les mots ne traversait plus la barrière de ses lèvres. Elle était pétrifiée d’angoisse.


        Ses mains enlacèrent son cou, instinctivement. Elle se souvenait parfaitement de cet enfer, des traces qu’il avait laissé. Quelques mots qui l’avaient traversé, qu’elle aurait préféré ne pas croire. Le monde ne tournait pas comme il le devait, mais elle ne s’était pas imaginé qu’il prendrait cette tournure.
          - Hope ?
          - …
          - Hope ?
          - Oui ?
          - …
          - Excuse moi, je suis un peu fatiguée.
          - T’es sure que ça va ?
          - Oui, j’ai juste pas assez dormis.
          - …

        Un sourire factice prit place sur son visage, son amie s’en contenta, comme souvent. Rien allait, mais comment Constance aurait pu comprendre, alors qu’elle-même n’arrivait pas à entendre l’essentiel.
        L’été battait la fin de sa vie, assagissant les mœurs. La cour respirait la nostalgie et les souvenirs récents. L’année scolaire était maintenant bien ancrée, les vies adolescentes reprenaient ce parcours linéaires qu’ils aimaient tant contrarier.



        Une envie soudaine de pleurer la percuta, la faisant valser et décuplant ses émotions. A fleur de peau, elle tentait tant bien que mal de contenir cet être qui aurait aimé s’échapper de la prison dans laquelle elle l’avait enfermé. Rien ne transparaissait, excepté peut être sa jolie main qui s’attaquait à gribouiller avec ardeur une feuille de papier quelconque. Assise à côté d’elle, Constance ne remarqua rien, trop absorbée par Voltaire et son Ingénu, elle buvait les paroles de leur professeur comme s’il avait prédit son avenir.


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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 12 Mai - 17:57

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        « Wenn du lachst, lachst du nicht. Wenn du weinst, weinst du nicht. Wenn du fühlst, fühlst du nichts. »

        Ces espoirs s’étaient écrasés, devenu afonctionnels. Elle lui avait tout promis, d’être là pour elle, de l’aider, de changer les choses. Tout s’était évaporé, en un rien de temps. Une part d’elle la détestait, pour tout ces mensonges qu’elle lui avait vendu tel un marchant de sable. Désormais elle était seule avec cette désillusion, ce cauchemar incessant, Constance restait l’unique pilier auquel elle essayait de s’accrocher. Comme si la vie s’attrapait…

        La lampe ne brillait pas assez, ou trop peut être, elle n’arrivait ni à s’endormir, ni à rester éveillé. A demi pas dans ces deux contrastes, en plein milieu d’un état second. Le somnifère n’allait pas tarder à agir, et emporterait avec lui les étourdissements nouveaux auxquels elle avait été confrontée. Les paroles de Constance résonnaient encore dans sa tête, autant que les silences de son illusionniste. Mélanie… C’était un vacarme vrombissant qui l’embuait, et ce soir plus encore que les autres.



        L’air frais de la mer bousculait ses cheveux, les emmenant au gré du vent, par ci, par là. Elle frissonnait, encore abasourdis par la nuit sinueuse qu’elle avait emprunté. Assise sur le sable blanc, elle se laissait bercer par le soleil éphémère, et le silence reposant du chant des vagues. « Ma grand-mère m’a dit : “Il y a des choses comme cela, qui ne s’expliquent pas.” Cette nuit, je me suis réveillée d’un coup, j’ai eu envie de vomir. Sensation horrible, qui me rendait terriblement mal. C’était étrange. Je ne dis pas que ça à voir avec lui, je me pose juste des questions. »

          - Alors, on y va à ce concert ?
          - …
          - Envy ?
          - M’appelle pas comme ça…
          - Je le vois dans tes yeux, que tu as envie d’y aller.
          - …
          - Aller…
          - Pourquoi faire, dit moi ? Hun ? Comme s’il allait se passer quelque chose.


        Elle avait quitté la cour, sans prendre la peine de se retourner. Une douleur vive la décimait, il faisait froid dans son monde, comme si une partie d’elle l’avait déserté et qu’un espace vide l’avait glacé.
        Elle pétait les plombs parfois, quand elle n’arrivait plus à le supporter, quand le poids pesait trop lourd sur ses frêles épaules. C’était une façon d’être à volte-face, une attitude lunatique quasi permanente.


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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 12 Mai - 18:00

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        L’hiver résonnait partout, et elle détestait ça. Les flocons naviguait parmi les passants qu’elle regardait marcher à vive allure à travers la fenêtre de l’autobus. On pouvait sentir la fraîcheur qui régnait à l’extérieur, et pourtant elle sentait son être se glacer de plus en plus. Ils s’emmêlaient entre les doigts de vagabonds de fortune, ces petits cotons de neige, comme s’ils essayaient de les attraper avec eux, comme il l’avait entrainé dans leur danse funeste. Elle déteste l’hiver, pour tout les mauvais souvenirs qu’il lui renvoyait à la figure.
        Elle souffla une demi seconde sur le verre, et regarda une mince buée se former avant de l’effacer d’un pant de sa manche. Elle aurait aimer que tout puisse s’effacer d’un revers de main. Tout.
        Cette nuit infernale qu’elle avait encore passé, lui, elle, le décès de son grand père, et les traces qu’elle en gardait. Tout.

        Constance lui sourit quand elle la vu arriver, l’embrassa sur les deux joues, comme tous les matins. Et Hope répondit de même, comme si tout allait pour le mieux, et que rien ne transperçait sa gorge et lui donnait la nausée.
          - Il fait hyper froid ce matin.
          - Oui. On est rentré en plein hiver…
          - Je sais, tu détestes l’hiver.
          - …
          - Je… Je peux pas venir au concert. Mes parents ont déjà réservé nos vacances au ski, et évidemment ça tombe la semaine du 14. Enfin bon…
          - …
          - Je suis désolée.
          - T’y peux rien.
          - Oui, mais, quand même.
          - …
          - T’iras toute seule ?
          - Je, je sais pas.
          - Hope, tu devrais y aller.
          - Il se passera rien, et je sais pas si j’aurais la force de le supporter.
          - …
          - …
          - Si tu n’y vas pas, tu le regretteras.
          - …
          - Tu sais, Hope, vous êtes peut être juste pas prêts à vous affrontez.

        « S’affronter »
        Le mot restait en suspens dans sa conscience, ou son inconscient, elle ne savait plus trop. Elle n’a jamais vraiment su. A croire que les monts et merveilles des contes de fées s’étaient déversés dans leur monde parallèle, si normal. Ou était-ce un cauchemar qui l’avait envahie tout entier, ne lui laissant pas même le jour pour se reposer. L’irrationnel cherchait à se creuser un sens parmi ses pensées disciplinées, et il semblait y parvenir.


        Elle sentait son regard peser sur elle, ses yeux rivés sur sa personne à attendre qu’elle daigne croiser ses prunelles. Elle résistait, falsifiant sa nervosité grandissante, écoutant par-ci, par-là des bribes de la conversation que les filles tenaient. Une histoire de contrôle de français, ou quelque chose qui y ressemblait, une de celle qui lui renvoyait des idées négatives. Elle était en train de louper son année, ça par contre, elle le savait très bien. Trop bien même. Et ce regard, il avait le don d’être plus empoisonnant que le reste. Son cœur avait gelé de son absence, mais la douleur des faits l’avait doucement rempli d’une colère braisée. Elle avait détesté son indifférence, mais elle la préférait à ses harcèlements visuels. Parfois, la nostalgie l’envahissait et des palpitations qu’elle pensait révolues réapparaissaient. Le doute s’emparait d’elle, une fois de plus. Elle le savait, la flamme se laissait consumer par le temps, mais qui refuserait d’incendier de nouveaux ces fines étincelles ?

        « Tu penses encore Clément ? » « Non. » « … » Un sourire s’étira sur le haut de ses pommettes, elle avait toujours eu cette faculté de persuasion quand elle mentait sur ce qui la touchait le plus. Bien sur qu’elle pensait à lui, l’espace temps entre eux était trop étroit pour que ses plaies soient déjà guéries. Elle les pansait chaque soir, écumant la douleur qui l’a brisait de temps à autre un peu moins.


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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 12 Mai - 18:03

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        La voiture zigzaguait au milieu des boulevards parisiens. Les multitudes de lumières fluorescentes affaiblissaient ses yeux fatigués. Elle était exténuée, vidée de son énergie, comme si un liquide soporifique avait été injecté dans ses veines, et absorbait ces parcelles vitales qui la maintenaient éveillée.
          - Alors ? C’était bien.
          - Oui. Ils ont assurés sur scène.
          - …
          - …
          - Et c’est tout ?
          - C’était génial. Mais je pourrais pas te le raconter avec des mots. Puis je viens à peine de sortir de la salle, pas mal d’émotions se mélangent dans ma tête.
          - …
          - …
          - Tu me raconteras plus tard alors.

        Elle enfonça un peu plus les manches de son sweat sur ses mains, et fixa le ciel noir dont les étoiles étaient obscurcies par le trop plein d’incandescence qui résidait dans la ville.
        Qu’aurait-elle pu lui raconter, si ce n’est des mensonges plus clichés les uns que les autres ? Sa main gauche la lançait, des saccades douloureuses lui rappelaient qu’elle l’avait lacérer pendant une dizaine de minutes pour évacuer le stress qui la rongeait. Elle sentait encore son cœur palpiter dès ses premiers mots, cette soudaine envie de vomir qui lui avait fait tourner la tête. Ces chansons qui avaient failli lui faire perdre connaissance plus d’une fois, de façon croissante. Comme si quelqu’un d’autre lui pompait ses forces.

          - Dis Maman, je peux aller à leur hôtel demain ?
          - …
          - …
          - Tu sais dans lequel ils sont ?
          - Oui, l’adresse a été postée sur internet.
          - Tu veux y aller quand ?
          - Après manger, vers deux heures.
          - …
          - …
          - Maman, alors ?, commença-t-elle à s’énerver.
          - Tu sais que j’aime pas ce fanatisme, aller à des concerts OK, mais aux hôtels et tout ça, je suis pas pour.
          - …
          - …
          - …
          - Bon, c’est d’accord, mais t’as intérêt à faire attention, surtout avec ta cheville.
          - Oui.
          - S’il t’arrive quelque chose, je te préviens, tu seras privée de cheval.
          - Oui Maman.


        La brise fraîche du moi de février rompait avec le soleil qui éclairait l’allée. L’air s’emplissait des effluves d’un été futur, et faisait voltiger les épaves d’un hiver qui imposait encore son règne. Des magasins dans lesquels elle ne mettrait pas de sitôt les pieds se succédaient, exhibant dans leur vitrines des œuvres d’art de la mode qui faisait rêver des milliers de jeunes filles comme elle, partout dans le monde. Ce rêve était insipide, fasse à celui qu’elle voulait réaliser, si tenté que ce fut un rêve. Cela n’avait en rien la saveur d’un choix dont elle aurait été la reine, en acceptant de recevoir toutes les désillusions qu’un rêve s’échouant pouvait procuré. Non, Hope, elle voyait seulement ses espoirs qu’elles n’avait jamais désirés, s’envoler les uns après les autres.
        Et la quiétude du lieu, semblait signifier un battement d’aile de plus. L’hôtel imposant ne débordait pas de fans en tout genre, amassés dans un désordre aligné à attendre peut être rien. Non, il n’y avait personne, exceptés ces passant parisiens ou étrangers qui continuait leur vie, alors que l’horloge de son monde s’était arrêtée. Ils étaient partis.
        Elle osa entrer dans le hall, et demanda sans grande conviction si le groupe Tokio Hotel était encore là. La réponse ne l’étonna pas plus que cela, mais renforça l’entaille que lui faisait un couteau invisible au fond de son esprit. Une expression sans vie s’insinua dans les traits de son visage. Son sourire d’espoir s’était éteint, et des larmes qu’elle refoulait faisaient luire ses jolies yeux en amandes.
        Lorsqu’elle allait passer le porche de sortie, une main frêle s’accrocha à elle, lui faisant signe d’arrêter sa course. Une jeune fille à peine plus grande qu’elle s’agrippait à son bras. Elle arborait une magnifique chevelure d’un noir intense, et ses yeux la déstabilisaient sans qu’elle ne puisse dire pourquoi.

        « Hi… I can bring you to them, if you’re sure that’s what you want. »



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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 13 Mai - 21:30

        Voilà.
        Hum.
        J'ai relu les deux dernières parties d'un coup, et je suis encore un peu loin.

        La dernière... (:
        Je savais bien que je finirais par lire quelque chose de ce genre là, un jour.

        Je saurais pas définir quelle partie, ou quels personnages je préfère.
        J'aime bien Lou, Fly, Ethan et Hope. Et encore c'est vraiment pour ne pas les citer tous.
        Je pense avoir particulièrement appréciée la deuxième partie. Mais... Non, c'est dur de choisir. L'ambiance que tu as crée est toujours différente selon les différents contextes. Donc c'est dur d'afficher une préférence.
        Peut-etre... Ouais, peut-etre que je me suis plus attachée à Ethan & Fly.

        A chaque fois que je te lis, je suis impressionnée. Tes mots me fascinent totalement.
        C'est juste...wow. Du grand, du très grand.

        ♥️
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Jeu 13 Mai - 21:56

        Je peux pas dire que je préfère Hope. Parce qu'elle me fait penser à quelqu'un. Mais toi-même tu dois le savoir Smile

        Je sais pas trop qui je préfère. Les ambiances sont réellement différentes.

        La première partie est peut-être celle qui touche le moins à ma vie et pourtant je peux pas dire que je l'aime moins.

        Bravo Flore, vraiment.
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Lun 17 Mai - 21:18

        Merci les choutes Smile. Ca me plait de savoir que les schémas sont biens différents n_n.

        _________________________________________________________
        Partie I : Love will tear us apart

        Chapitre 1

        [E. C.] Evidence 20090304194910
        [E. C.] Evidence Tumblr_kwcp1r43lA1qa6wkbo1_500_tiny
        [E. C.] Evidence 19_tiny


        Le téléphone vibrait près de sa cuisse, il sentait presque le plastique froid à travers son jean collé à sa peau. Il ruminait de mauvaises pensées, et une sueur froide descendait le long de son échine.
        Qu’est ce que j’ai foutu ? Bordel. Mais pourquoi j’ai fait ça ? Au fond je sais même pas qui elle est, je connais même pas son putain de prénom. Et moi, tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est d’la sortir d’un asile de fous. Elle doit être totalement dérangée pour avoir fini là-dedans. Putain, mais qu’est ce que je viens de faire ? Et toi, portable de mes deux, arrête de sonner…

        J’ai fait la plus belle connerie de ma vie.

        Georg conduisait son Audi noire, ne prenant même plus la peine de dévier son regard de la route, tant le ton austère qui régnait dans l’habitacle le déroutait. Jun n’avait pas cillé, fixant inlassablement le paysage hambourgeois qui s’appauvrissait sous la pluie. Tout comme la jeune fille, dont l’expression perdait de la fraîcheur dont elle avait fait preuve à leur arrivé.
        Il n’y avait rien à dire, elle n’aurait pas dû être là, c’était tout. Ce qui était déjà bien suffisant, tant il savait que ce poids reposerait difficilement sur les épaules de son ami. Quelque chose clochait, et lui fichait la chair de poule. L’attitude de son ami était bien trop déraisonnée pour être digne de lui, même Jenny dont il avait été fou amoureux ne lui avait pas fait perdre la tête ainsi. Quelque chose clochait, avec elle.


        Le véhicule s’immisça dans une petite allée glissée dans un quartier éloigné du cœur de la ville, pour se stopper devant une jolie maison à la façade crème glacée. Lullabye sortie de la voiture, une appréhension grandissante à l’intérieur d’elle-même. La pluie ne battait plus la chamade, mais l’espace respirait encore l’air chargé d’une inondation évitée de peu. Les arbustes rependaient un souffle de nature, qui lui rappelait ces contes d’aventuriers dans une jungle sauvage à la végétation multicolore. Elle aimait ça. Elle adorait ça.
        Cela faisait un bout de temps que de tels souvenirs n’avaient pas émergé dans son esprits, déversant un flot d’image de son enfance depuis longtemps perdue. L’antan. Cet antan, ou le bonheur n’était pas une recherche mais un dû qui s’imprégnait dans chaque instants. Même les grondements de son père quand elle revenait les habits tachetés de vert, la faisait sourire. Le soleil n’avait pas le goût de la quiétude et la pluie de l’ennui. Même le ciel nébuleux et tonnant était une cour de jeux, où l’amusement était le roi.

        Jun la regardait posté sur le pas de la porte à l’abris de la tempête qui risquait d’éclater de nouveau. Elle était jolie à sourire ainsi, sans avoir bougé d’un millimètre, comme si son corps faisait cœur avec la nature. Il lui sembla quelques secondes qu’elle avait disparût dans un autre univers, tant elle semblait hypnotisée par il ne savait quoi. « Lou’ tu viens ? Reste pas plantée là, il va se remettre à pleuvoir. » Elle courut jusqu’à lui, et l’agrippa de ses bras fins, comme si ses quinze ans fraichement acquis n’en étaient que six tout au plus.

        Parfois quand je te regarde, j’ai l’impression que tu n’as jamais vraiment grandit, mais la seconde qui suit, tu poses tes yeux sur moi comme si la sagesse d’un ancêtre guidait tes actes.

        Quatre garçons se trouvaient assis dans les canapés qui prenaient place au centre de l’immense salon qui s’étendait devant ses yeux. Leur conversation bruyante s’arrêta une minutes à peine, avant de se faire recouvrir par un tumulte sonore de mouvements, de « bienvenue » et « comment tu vas ? ». Dans l’agitation Lou’ avait perdu le corps de Jun, et ces petits yeux jonglaient sur deux de ces quatre jeunes hommes, ne sachant pourquoi ils l’obsédaient si rapidement.
        « Hey toi, c’est quoi ton petit nom ? »
        Ces mots déversés dans son dos la firent sursauter, la surprise l’ayant fait chavirer un peu. Un garçon au teint mat se tenait près d’elle. Il ne ressemblait en rien à tout ceux qui se trouvaient dans cette pièce. Elle ne savait dire si ses vêtements trop larges trahissaient un besoin d’ampleur, ou un manque de confiance en soi rééquilibré d’une façon plutôt inattendu. A l’instant où ces lèvres rosées répétèrent ces mêmes sons, son sourire s’éteignit. Le dessin de ses fossettes qu’il lui offrait était pourtant radieux.

        La brise d’un début de printemps laissait planer une odeur de futur rayon de soleil sur l’herbe fraîche de la cour de récréation. Elle cueillait des pâquerettes et des coquelicots flamboyants, pour passer le temps qu’il lui avait été offert pour s’amuser avec ses camarades. Elle avait craint ce déménagements, et ses angoisses s’étaient révélées justes : elle était seule au beau milieu d’un univers qu’elle ne connaissait pas.
        « Hey toi, c’est quoi ton petit nom ? » « Amalia. » « Oh, c’est joli. » « Ca vient de ma mamie, elle porte le même prénom que moi. » « Ah, d’accord. Ma petite sœur aussi, son deuxième prénom c’est le prénom de notre grand-mère maternelle. »… « Tu veux venir jouer avec nous ? »

        Ton sourire, il ressemble au sien. C’est étrange, c’est comme si je te connaissais depuis toujours.
          - On m’appelle Lullabye, mais appelle moi Lou’, si tu veux.
          - C’est joli comme prénom ça.
          - Merci.
          - …
          - Et toi, c’est quoi ton prénom ?
          - C’est, heu, Tom, dit-il l’air interloqué.
          - Quoi ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
          - Non, non rien.
          - …
          - Bon, bah, bienvenue ici.

        Il sourit une fois de plus, d’une façon si différente de la précédente. Cette métamorphose qu’il avait exécuté, l’empêchait de le cerner, et elle n’aimait pas vraiment ça. En vérité, elle commençait déjà à le détester. C’était juste, beaucoup trop fort.


        _________________________________________________________

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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Lun 17 Mai - 21:29

        _________________________________________________________

        Ses bras se frayèrent un chemin parmi tant d’autre, s’emmêlant à ceux de Jun dont le touché n’était semblable à aucun autre. Il semblait heureux, comme elle ne l’avait jamais vu auparavant, mais les gestes nerveux de sa main falsifiaient cette joie naissante. Elle savait pertinemment d’où venait cette angoisse, et elle espérait ne plus en être la cause.
          - Jun, tu me prêtes ton téléphone ?
          - Tu… Heu… Pourquoi faire ?
          - Pour que l’hôpital arrête de t’appeler en boucle.
          - C’est.. Heu…
          - Je suis pas idiote, Jun.
          - Oui, mais si tu réponds, qu’est ce que tu crois qu’il va se passer ? Qu’ils vont te dire « mais oui ma chère jeune fille, vous pouvez rester où vous êtes tant que vous le voulez. »
          - J’ai jamais dis que j’allais décrocher à leur appel.
          - …
          - Qu’est ce que tu comptes faire ?
          - Quelque chose qui arrangera la situation.
          - Quoi, Lullabye ?
          - Qu’est ce que ça peut faire ?
          - « Qu’est ce que ça peut faire ? », mais tu t'en rends compte de la situation ? T’en as rien à foutre toi, du haut de tes quinze ans, mais moi j’suis majeur et je t’ai sorti d’un hôpital où t’étais enfermée. T’as conscience de ce que je peux prendre ?
          - Ce qui compte, c’est le résultat. Fais moi confiance.
          - …

        Elle tendit sa main tout tremblante, le choc de la colère de Jun étant encore palpable. Pourtant, elle gardait son calme, ses mots ne semblant pas l’affecter, seule l’ampleur du son produit l’a bouleversait, le reste n’avait eu aucun effet.

        La jeune femme flageolait, retenant ses sanglots, et tuant sa vois peu à peu : « Arrête de crier, je t’en supplie. Chérie, arrête de crier. » « Tu comprends pas que j’en peu plus de tout ça, d’elle, de ses conneries. » Il vociférait encore et encore, balança des condamnation qu’il regretterait dans les années à venir, ou la seconde suivante. Elle se retourna vers sa fille, qu’elle cachait dans son dos essayant de la protéger tant bien que mal, « Ma chérie, file dans ta chambre, Papa va se calmer, je te le promets. » Elle la serra fort contre elle, lui embrassant le front, puis la laissa s’en aller. Sa petite fille ne souriait plus depuis longtemps, et sa démarche était digne d’un automate. Le déchirement qu’elle créa dans son cœur fut inaudible.

        « Je vais juste appeler mes parents. »
        Un voile d’angoisse se faufila sous ses prunelles, qu’elle contrariait avec un sourire qui semblait si réel. Elle ne lui avait jamais parlé de sa famille, il avait fini par oublier qu’elle devait avoir eu une vie avant La Résidence des Cerisiers. Cette idée provoqua un craquement douloureux en lui. Elle avait eu une vie, avant lui. Les histoires qu’il fabriquait dans sa tête, à partir des multitudes de films et de livres qu’il avait savouré le faisait crever de jalousie à l’instant même. Son caractère possessif s’était maladroitement aggraver, et il lui répondit sèchement : « Leur dis pas de conneries. »

          - Allô ?
          - …
          - Amalia, c’est toi ?
          - Maman m’appelle pas comme ça.
          - Chérie…
          - Je vais bien, je te le promets.
          - Tu es où mon cœur ?
          - Près d’Hambourg, avec…heu… un ami.
          - Thunder… tu. Tu pouvais pas partir comme ça. L’hôpital a appelé, on s’est fait un sang d’encre ton père et moi.
          - …
          - Thunder ?
          - Oui, Maman ?
          - Quel… Quel ami ?
          - Un garçon, à la résidence.
          - …
          - Fais moi confiance.
          - Si ton père t’entendait, il hurlerait rien qu’à ces mots.
          - Je sais…
          - …
          - …
          - Tu vas pas rentrer, pas vrai ?
          - Non, pas tout de suite.
          - Hm…
          - …
          - Prends soin de toi mon ange. Ici c’est toujours chez toi, tu le sais.
          - Oui Maman.
          - Tu nous manques…
          - Dis à Papa que je l’aime.
          - Je le ferais.
          - Maman ?
          - Oui petit cœur ?
          - Je t’aime.

        Lullabye avait interrompu la ligne, coupant court à leurs adieux, ou aux revoirs, elle ne savait pas vraiment. Elle ne voulait pas savoir. Elle s’était risquée à entendre la voix douce de sa mère résonner à travers le combiné, et l’appel de son ancien monde se faisait brutal. Sa mère lui manquait, son père aussi. Mais lui, surtout… Un sanglot amer fit surface, et ses lèvres se mirent à trembloter furtivement. Elle fuit la pièce instinctivement, s’enfermant dans l’espace ouvert qu’elle avait à peine quitté. La pluie glacée contrastait avec les vestiges de sa vie passée dont la chaleur lui brûlait le cœur.

        « Thunder qu’il t’appelait, ouais c’est Ouragan qu’il aurait dû dire, vu tout ce que tu détruis sur ton passage. » « Hurricane, Papa. » « Quoi ?... Mais qu’est ce que j’men fous de comment on dit Ouragan en anglais, t’as qu’a porter ton prénom comme tout le monde. Amalia, Amalia. Tu m’entends ? C’est Amalia que tu t’appelles, et pas autrement. »

        Assis sur le canapé chocolat de leur salon, il la berçait doucement. « Papa, pardonne moi. » « Chh, c’est rien mon ange, ça va passer. Ce sera long et difficile, mais le temps finira par ronger ta souffrance. » « Papa. » « Oui, petit ange ? » « Merci. »
        « Merci d’être là pour moi. Tu sais, j’me sens si seule maintenant. »


          - Hey, faut pas rester là, tu vas être toute trempée.
          - Ca fait rien, c’est beau la pluie. Puis ça me calme.

        Tom la contemplait, abrité sous le portique d’entrée. Il distinguait ses larmes à travers les gouttes d’eau qui ruisselaient sur son visage. Elle était jolie au milieu de ces éclaboussures dont le fracas lui laissait des traces, mais celles-ci lui piquaient la gorge. Ses pas le guidèrent rapidement jusqu’à elle, et il l’enveloppa de son sweat trop grand.
        Il était étrange ce garçon, avec son jean à la taille démesurée. Il l’avait fait rire, à marcher tel un pingouin à travers la cascade qui lui brouillait la vue, et rendait ses vêtements inconfortables. A l’air libres, ses bras étaient tout fins, délicatement dessinés.

        « Tu ne devrais pas pleurer, les larmes sont si fades sur tes joues rosées. »

        _________________________________________________________

        _________________
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mar 18 Mai - 12:41

        C'est mignon, tout doux. J'aime bien cette suite et j'ai mieux compris au début qu'en fait, y' avait 3 personnes et pas deux.
        Enfin bref. Tu sais combien j'aime quand t'écris.
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 19 Mai - 18:08

        C'est magnifique , tu sais . Enfin oui , tu le sais c'est pas nouveau .
        Putain. J'ai envie qu'on sache . J'ai envie qu'on sache que c'est vrai . J'ai envie de me foutre a poil la devant tout le monde , pour qu'ils sachent . Bordel .

        (L)
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        MessageSujet: Re: [E. C.] Evidence   [E. C.] Evidence Icon_minitime1Mer 19 Mai - 21:43

        _________________________________________________________

          - Elle sait pas qui on est.
          - …
          - C’est étrange.
          - Je trouve aussi.
          - Hm.
          - C’est bien, pour une fois que quelqu’un nous connaît pas.
          - Ouais, c’est sur. Mais j’arrive pas à m’y faire.
          - Bah t’as qu’à lui dire, qui on est.
          - …
          - Enfin moi j’ai pas envie que tu lui dises, pour une fois que quelqu’un me parle comme à un être humain normal…
          - Hm.
          - Mais pourquoi t’arrives pas à t’y faire ? Jun il nous vois pas comme les mecs du groupe Tokio Hotel, c’est la même chose, non ?
          - … Je sais pas.
        C’est juste qu’avec elle, j’ai l’impression de ne plus être vraiment moi, comme si elle avait fait valser une partie de ce que je suis.

        Jun rentra dans la pièce, et s’affala sur le lit de l’androgyne, le dos contre la couette parme, puis soupira doucement en massant ses tempes du bout de ses doigts. Il détestait ce temps maussade, et il sentait que ce nuage noir allait se déverser sur ces plans radieux qu’il avait fait, pour détruire cette semaine qui devait ressembler à de la plénitude.
          - Bah alors, ça va pas ?
          - Si, si, ça va.
          - T’en à l’air.
          - Je suis crevé, c’est tout.
          - Nous pas peut être.
          - T’avais besoin de dire ça Bill ?
          - Bah quoi, ça va il est pas à plaindre non plus. Je suis épuisé moi aussi.
          - …
          - …
          - Merci Bill. C’est vrai que t’avais besoin de rappeler à quel point t’es épuisé.
          - Va te faire foutre Tom.

        Il quitta sa propre chambre, en claquant violemment la porte et se retrouva nez à nez avec Lou’ qui sortait de la salle de bains, sa chevelure cacao imbibé d’eau, éclaboussant son coup de parcelles arrosées. Il lui souriait, son minois enfantin lui donnait envie de la prendre dans ses bras.
          - T’es toute mouillée toi.
          - Bah oui. Je l’aime bien votre douche, il y a des jets partout, c’est sympa.
          - C’est ça le design, dit-il en riant, amusé.
          - C’est marrant que vous ayez une maison comme ça, à votre âge.
          - …
          - Vous avez quel âge en fait ? Toi c’est Bill, c’est ça ?
          - Oui. Tom et moi on a dix-huit ans, Gustav le petit blond a dix-neuf ans, et Georg en a vingt et un.
          - Ah okay. Du coup, tu t’entends mieux avec Tom, vu que vous avez le même âge, non ?
          - Bah… Heu… Tom c’est mon frère en fait, donc oui on s’entend bien.
          - …
          - …
          - Vous êtes de faux jumeaux.
          - Non, des vrais.
          - …

        Un regard suspicieux s’enfuit de ses jolis yeux, puis ses lèvres s’étirèrent doucement : « C’est marrant, vous vous ressemblez pas du tout. »
        Il a l’air bien plus mature que toi, même s’il le cache sous ses airs de gamins et son pantalon trois fois trop grand.

        Elle toqua doucement à la porte, quand celle-ci s’ouvrit. Jun se tenait devant elle. Il enroula autour de son doigt une mèche qui laissait s’échapper quelques gouttes, et la replaça derrière son oreille, avant de repartir dans le long couloir.
        Elle hésita à rentrer dans la pièce, elle n’avait aucune idée de qui était le propriétaire de cette chambre et si quelqu’un était à l’intérieur. Le bruissement du frottement de cordes de guitare l’extirpa de ses pensées monotones, et ses doutes intérieurs s’envolèrent avec elles. Tom grattait doucement l’instrument, dessinant une mélodie douce à entendre. Quand elle s’assit près de lui, il s’arrêta instantanément de jouer.
          - Vas y, continue, fais comme si je n’étais pas là.
          - C’est dur de faire comme si tu n’étais pas là.
        Assise tout près de moi. J’entends à peine les battements de ton cœur. C’est étrange d’être assis à côté d’une fille dont la poitrine ne bat pas la chamade. J’aurais aimé qu’il tambourine un peu, ça aurait donné une voix à mon air muet.

        _________________________________________________________

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