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 [E.C.] Paradox

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sokaia
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MessageSujet: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Mer 24 Mar - 13:22

Coucou les miss. Alors aujourd'hui, je viens vous faire découvrir mon nouvel écrit. Tout frais, tout nouveau, commencé il y a quelques semaines à peine.

Malheureusement, je ne posterai pas tous les trois jours étant donné que je n'en ai pas le temps. Les chapitres viendront quand je les jugerai prêts. I

S'il n'y a qu'un chapitre par mois, je vous prierai donc de ne pas m'en vouloir. Je ferai de mon mieux pour me tenir à jour, même si ce ne sera pas facile.

Désormais, apprêtez-vous à plonger dans un monde sombre, noir. Dans cette histoire, vous ne serez guère confrontés au romantisme et à la joie. Je vous préviens, pour que vous ne me le reprochiez pas à l'avenir...


Sur ce, bonne lecture. J'espère vous retrouver nombreuses.



_________________________________________



PARADOX


[E.C.] Paradox Newfic



« Chaque homme porte en lui l’ébauche de tous les péchés condamnés. Personne sur cette Terre ne peut prétendre échapper à l’emprise de leur puissance. Mais certains endossent avec plus de ferveur l’un ou l‘autre défaut. Que ceux-là vivent terrés comme des rats, qu’ils cachent leur péché. Car si la vérité les révèle au grand jour, ils deviendront la proie de leurs excès. »


Prologue



Avarice.
Luxure.
Gourmandise.
Paresse.
Désir.
Orgueil.
Colère.


Sept coups de marteaux retentirent dans le tribunal, balayant les murmures des curieux venus assister au verdict de l’accusé. L’un des avocats présents dans la cour d‘assises, Gustav Schäffer, tremblotait dans son costume de magistrat. Il frotta ses mains moites l’une contre l’autre, puis humecta ses lèvres de salive. Mis à part le sien, tous les regards semblaient rivés sur le jugé.

La majorité des individus présents dans la salle savaient que le jeune homme concerné par le verdict n’avait commis aucun des sept péchés capitaux. Pour la plupart des gens, ces péchés n’avaient d’ailleurs rien de dangereux. Surtout quand on le comparait à l’acte le plus abominable que l’homme puisse commettre: le meurtre.

Le juge déstabilisait l’assemblée par ses airs indifférents et stoïques. Finalement, il prit la parole. L’assassin leva les yeux vers lui, puis écouta la sentence proférée contre lui.

Gustav, lui, semblait peu attentif au discours du juge, dont il ne perçut que quelques bribes. Son attention était vissée sur les joues humides du meurtrier, contre lequel il venait de mener une plaidoirie triomphante. Il vit cet homme brillant et ambitieux s’effondrer sous ses yeux, abattu par les paroles acerbes du principal juré.

« … L’accusé est reconnu coupable d’un homicide involontaire… Dès lors, il écopera d’une peine de quinze ans de prison ferme avec sursis… »

L’avocat eu un faible sourire, qui s’éteignit quand il vit le condamné désespéré s’écrouler sur sa chaise. Un élan de compassion lui serra le cœur. Malgré déjà quelques mois de pratique dans sa profession, Gustav se laissait toujours émouvoir par les verdicts, parfois trop durs à son goût. Il scruta ensuite les témoins présents autour de lui, qui crachaient leur venin contre le jeune homme en le huant silencieusement.

« Avez-vous quelque chose à ajouter ? Décréta ensuite le juge à l’attention du meurtrier. »

Ce dernier se tourna vers Gustav, en lui dévoilant son visage larmoyant, ses lèvres tremblantes qu‘il entrouvrait difficilement pour tenter d‘articuler.
« Vous êtes un excellent avocat, Schäffer. Mais j’aurais préféré vous avoir à mes côtés. Faire de vous mon rival va me faire payer cher des actes que je n’ai jamais désiré commettre.

Dans quelques minutes, vous serez libre. Moi, je serai enfermé au fond d’une cellule insalubre dans laquelle je vais pourrir durant les prochaines années de ma vie. Pendant tout ce temps, je penserai à vous. Et j’aimerais que ce soit réciproque. Je souhaiterais que vous réfléchissiez à la présente question, Schäffer. »


Le jeune homme reprit son souffle, essuya d’un revers de manche les larmes qui noyaient ses joues.

« Selon vous, si on glissait entre vos doigts un cœur et une arme, lequel des deux présents détruiriez-vous ? »



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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Ven 26 Mar - 13:38

Je déteste les double post. Mais là, si je veux mettre la suite, il faut croire que je n'ai pas le choix. J'espère que ce chapitre vous fera un peu plus accrocher à la fiction que le prologue... Neutral Neutral

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Partie 1: Inattendu


[E.C.] Paradox Inattendu


« De nombreux hommes comparent le destin à un guide qui vous mène inéluctablement vers le but qu’il vous voue. Ils ne comprennent pas qu’eux seuls sont les acteurs de leur vie… et parfois de celle de certains alter egos, trop superstitieux que pour comprendre qu’on manipule leur existence. »

Chapitre 1:


15janvier 2011

Des milliers de flocons s’effondraient sur le sol, en rencontrant sur leur route des obstacles divers: un toit gelé, une cheminée fumante, une flaque verglassée, les branches dénudées d’un arbre, voir même la pointe d’une chaussure. Si les flocons auraient probablement préféré éviter ces désagréments, il en était de même pour l’homme qui traversait la tempête de neige pour rejoindre le seuil de sa demeure. Son regard blasé fixait le ciel blanc. Il détestait l‘Allemagne. D’ailleurs, Gustav projetait petit à petit de déplacer son cabinet d’avocat dans une contrée au climat plus accueillant. En s‘enfonçant dans la poudreuse, il songea vaguement à l’Espagne, ou encore au sud de la France. Finalement, il secoua la tête pour chasser ces idées de son esprit. De si beaux rêves lui semblaient inaccessibles en ces temps de crise. Rabattant son parapluie le long de son manche, le jeune homme rentra furtivement dans le hall d’entrée de son appartement.

L’odeur de détergent lui piqua aussitôt le nez. Il déposa son sac-à-dos sous le porte-manteau avant de rejoindre la cuisine, où flottait un arôme de vanille, nettement plus agréable.

« Chérie, je suis rentré, chantonna-t-il en jetant un œil aux deux raviers qui reposaient sur la table.
Alléché par les deux puddings encore chauds et fumants, il ne put s’empêcher de les renifler.
- Chérie ? Renchérit le jeune trentenaire, étonné que sa femme ne se soit pas encore manifestée. »

Il se dirigea alors vers la salon, puis se laissa attendrir par la scène qui s‘offrait à son regard. Son épouse se reposait dans le canapé, apparemment exténuée par les tâches ménagères auxquelles elle s’était affectée. Ses traits détendus évoquaient plénitude, sérénité et douceur. Gustav déposa tendrement ses lèvres sur la joue de sa bien-aimée, puis glissa sa main sur son ventre proéminent en songeant à la naissance imminente de leur petit garçon. Il se demanda s’il ressemblerait à sa mère, ou plutôt à lui-même. Dans tous les cas, il espérait que l’enfant hériterait de la beauté de sa pro génitrice.

Voyant que sa femme ne se réveillait pas, Gustav s’éloigna du canapé. C’est alors qu’un détail lui sauta aux yeux. D’immenses pattes velues grimpaient sur le bras de la belle endormie, qui demeurait toujours plongée dans ses agréables songes. Il fronça les sourcils, puis analysa avec réticence l’araignée qui se déplaçait avec aisance sur la peau pâle. Une boule vint se coincer dans le fond de sa gorge. Certes, il n’aimait guère ces bestioles. Mais ici, l’arachnophobe, ce n’était pas lui! Pourquoi Eloïse ne bondissait-elle pas au plafond ? L’avocat déglutit, avant de prendre son courage à deux mains et d’attraper l’une des affreuses pattes de ce qu’il considérait à tort comme un immonde insecte. L’araignée se mit à se débattre, en vain, puisque Gustav finit par la laisser tomber au sol avant de l’écraser sous sa semelle.

Le crépitement sourd que produisit la carapace fit frissonner le jeune homme, qui n’osa pas poser son regard sur le carrelage. Il préférait admirer le visage rêveur qui s’épanouissait sous ses yeux, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’une ride anormale trônait au dessus de son arcade sourcilière gauche. Une ride qui insufflait au reste des traits une expression d’inquiétude, de stupeur. Gustav détailla les joues de sa femme, qui lui semblèrent tout d’un coup anormales: l’habituel blanc neige avait laissé place à une teinte livide, grisâtre et terne, qui contrastait avec le bleu pâle des lèvres charnues. Toutes ces observations coupèrent la respiration de l’avocat, qui semblait se débattre mentalement pour sortir d’un mauvais rêve. Il posa le dos de ses doigts sur le bras raide de sa femme. Ce seul geste aurait dû suffire à l’anéantir. Mais il ne pouvait pas croire que les éléments qu’il observait puissent avoir un lien quelconque entre eux.

Gustav hocha la tête, puis ramena sa main à hauteur de ses joues. Ses phalanges recroquevillées semblaient figées par le contact avec la peau glaciale de sa femme. Un frisson lui traversa l’échine. Il avait froid. Il avait peur. Il ne comprenait pas la signification de tous les symboles pourtant évidents qui lui tournaient en tête. De nombreuses fois dans sa carrière, il avait entendu ces descriptions détaillées, qui devenaient pour lui presque routinières. Teint blême, lèvres violacées, peau raide et froide. Tout laissait présager le meurtre. Mais un élément primordial manquait à cette scène. Le sang.

L’avocat tourna légèrement la tête, et crut apercevoir dans son semblant de délire une ombre qui traversait le mur dans son dos. Sa respiration se coupa, et à nouveau, son échine se hérissa. Son imagination lui laissait entrevoir d’étranges scénarios. Finalement, il planta ses pupilles sur les carrelages blancs, en arborant un air désemparé. Il n’arrivait pas à saisir le sens des évènements qui s’acharnaient sur lui. Etait-ce réellement possible que le sort lui ait enlevé sa femme ? Ou venait-il simplement de subir une quelconque hallucination ? Le jeune homme hésita à relever la tête, malgré la curiosité qui le poussait à éclaircir ses doutes. Peut-être refusait-il simplement d’imaginer la fatale réalité. Désormais, une existence bien différente de celle qu’il avait toujours désiré construire l’attendait; une vie sans l’élue de son cœur, et sans l’enfant qui devait le combler dans quelques semaines à peine. Les premières larmes de tristesse perlèrent aux coins des yeux de la victime. Celles là semblaient encore gorgées d’un faible espoir. Il ferma les yeux, essaya tant bien que mal de percevoir la respiration de sa femme. Mais aucun son ne venait perturber le silence de mort qui régnait dans la pièce. Finalement, Gustav posa une nouvelle fois son regard sur son épouse. Là, il comprit que malheureusement, la malchance ne s’abattait pas seulement sur les autres.

Aucun mot, ni même aucun son ne parvenait à franchir ses lèvres. Le jeune homme se contentait de déverser une myriade de larmes pour noyer sa profonde tristesse. Repoussant sa peur, il mêla ses doigts à ceux de la défunte. Certes, il ne réanimerait le corps inconscient qui gisait devant lui. Il désirait juste s’imprégner des dernières parcelles de vie qui habitaient encore la finesse de ses traits. De sa main libre, il fit glisser la couverture qu’elle portait sur elle, puis caressa ses bras frêles, ses joues encore douces. Lorsque ses doigts retracèrent la clavicule droite, il constata qu’une étrange incisure étoilée trônait à mi chemin entre l’épaule et le sternum de la victime.
Etonné, il commença à scruter attentivement la nuque et le cou de sa femme, à la recherche d’une éventuelle trace d’agression. Mais elle ne portait aucun coup apparent. Seule cette étoile nette, tracée à la racine de son cou, suspectait qu’on l’avait touchée. Mais aux yeux de l’avocat, cela n’expliquait en aucun cas un meurtre!
Après avoir essuyé sa joue du revers de la main, il approcha son visage de celui d’Eloïse. Il déposa délicatement ses lèvres sur l’arête de son nez, puis enlaça son cou de ses bras. Il aurait aimé qu’elle lui réponde, qu’elle le rassure en lui prouvant qu’elle était bel et bien là. Mais comme Gustav s’y attendait, son épouse demeurait indifférente à ses caresses. Un nouvel élan de larmes gagna ses yeux. Il enfuit son nez dans la chevelure abondante et soyeuse de la défunte. Il enroula une dernière fois quelques mèches autour de ses doigts, en reniflant leur odeur de pin, en respirant une dernière fois les agréables effluves. Il voulait s’imprégner de toutes ces fragrances, pour les graver à jamais dans sa mémoire, avec tous les beaux souvenirs qu’ils avaient partagé jusque là. Il resta là pendant de longues minutes, à pleurer et à serrer le corps inerte contre sa poitrine. Il refusait de concrétiser ses adieux.

Mais les évènements précipités l’arrachèrent à ses tendresses. Une pression froide appuya sur sa nuque. Pétrifié, le beau blond n’osa pas bouger.
« Lâche-la, murmura une voix faible. »
Gustav se sentait incapable de bouger. Son attention, concentrée sur la pièce de métal plaquée contre ses cervicales, lui permit seulement de soupçonner que la situation ne présageait rien de bon.
« Lâche-la, sale morveux, rugit une seconde voix, tonitruante. »
Obéissant aux ordres, l’avocat étendit ses bras devant lui, puis déposa tendrement la tête d’Eloïse sur l’accoudoir du canapé. Ses membres tremblants échappaient à son contrôle. Il leva les yeux vers le plafond, en tentant d’oublier la présence des intrus dans son salon.
« Emmenez-la »
Trois hommes cagoulés et entièrement vêtus de noir déboulèrent sous ses yeux et vinrent encercler le corps d’Eloïse. L’un d’eux agrippa ses bras, tandis qu’un autre l’aidait à la hisser sur les épaules du premier. En frémissant, le blondinet put sentir ce qu’il identifiait désormais comme une arme s’enfoncer de plus belle dans la chair de son cou.
« Que faites-vous ? Marmonna-t-il entre ses dents.
-Tais-toi, répondit l’homme juché dans son dos. »
Son ton était glacial et imperturbable. L’avocat, au contraire, ne cessait de trembler en se mordant les lèvres à sang.
« Ne laissez aucune trace, et ne la brusquez pas. Dans son état, le moindre coup pourrait laisser des séquelles. »
L’homme armé supervisait habilement ses trois complices, qui portaient le corps de la défunte avec une délicatesse étonnante. Outre cette voix, on ne percevait aucun autre son, si ce n’est la respiration saccadée de l‘avocat. Quand les trois agresseurs se dirigèrent vers la porte qui menait vers le salon, Gustav ne put retenir le hurlement qui s’échappa de sa gorge.
« Non, ne l’emmenez pas ! Je vous en prie, laissez-la-moi. »
L’un des intrus se retourna, fixa Gustav de son regard azur. Mais aussitôt, le leader le reprit en rugissant de plus belle.
« Ressaisis-toi! Que dirait Le Maître en te voyant céder si facilement devant un nabot ? »
L’interpellé s’exécuta, tandis que le blondinet les suppliait de son visage larmoyant.
« Je vous en prie, laissez-moi lui dire au revoir ! Je vous en conjure !
-Tais-toi morveux,
siffla la voix derrière lui. »
Incapable de se contenir, l’avocat tenta de se relever furtivement. Et contre toute attente, il se retrouva tout aussi vite allongé sur le sol. Portant sa main à son crâne douloureux, il sentit un liquide visqueux s’écouler entre ses doigts, là où son agresseur venait d’abattre la crosse de son arme.
« Je t’ordonne de m’écouter, Gustav ! »
A l’appel de son nom, le jeune homme se recroquevilla sur lui-même, tout en gardant sa main droite posée sur sa plaie ouverte.
« Mes hommes vont partir, ils vont emmener ta putain. Tu ne la reverras plus. Plus jamais. Tout comme nous. Nous disparaitrons comme si nous n’avions jamais existé. »
La voix de l’homme se brouillait dans les pensées de Gustav. Il tourna lentement son regard vers lui, et détailla les yeux chocolatés qui le fixaient triomphalement.
« Bienvenue en enfer, Schäffer ! »
A ces mots, le seul intrus qui subsistait dans la pièce plaqua un mouchoir blanc contre la bouche de l’avocat. Si au début, ce dernier se débattit pour tenter d’éviter de respirer, l’air vint rapidement à lui manquer. Il inspira profondément, et le chloroforme s’infiltra dans ses voies nasales. Quelques secondes plus tard, il sentit déjà ses paupières se fermer et l’isoler de l’injustice du monde. Sans avoir eu le temps de se demander pourquoi tous ses évènements lui arrivaient, Gustav sombra dans un sommeil empoisonné, dénué de songes.

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Et oui, drôle de début...

Laissez-moi vos impressions Very Happy !


Dernière édition par sokaia le Ven 26 Mar - 17:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Ven 26 Mar - 16:59

Pour un début, je trouve ça très accrocheur. Rien que le prologue à lui seul, n'en doute pas.

C'est très étrange, mais, le prologue sonne comme un monde imaginaire. Je sais pas comment t'expliquer. C'est comme si tu nous projetait dans un monde fantastique, alors qu'on le comprend bien, que non, c'est réel.

En tout cas, ça démarre violemment pour Gustav... T'as pas honte de le faire souffrir comme ça [E.C.] Paradox 900697 ?

Voilà, moi j'aime I love you.

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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Sam 10 Avr - 16:30

Merci pour ton commentaire Lullabye !

Si je n'ai pas honte pour Gustav ? Heu...

Ben non :p

Suite ! ^^


Chapitre 2:



Une douleur lancinante pressait les tempes du blondinet, qui commençait seulement à reprendre connaissance. Il ôta la main glissée dans ses cheveux, en grimaçant amèrement. Ramenant ses doigts en face de ses yeux, il remarqua qu’ils étaient maculés de sang sec. Il roula sur le ventre, non sans remarquer qu’un étau imaginaire lui enserrait la poitrine. Une fois son monde remit à l’endroit, il se sentit étourdi à la vue des taches vermeilles qui couvraient le carrelage blanc.

Il soupira, puis inspira profondément. Petit à petit, les bribes des évènements qui s’étaient déroulés plus tôt dans l’après-midi vinrent envahir ses pensées. Il observa la pièce: le canapé vide, les rideaux entre lesquels on apercevait les nuages blancs. Rien n’avait été dérangé en dehors du corps de sa femme. En s’appuyant sur ses mains, Gustav entreprit de se relever. Mais alors qu’il venait de soulever son torse vacillant, il se rendit compte qu’une boulette de papier chiffonnée, calée entre ses doigts, gênait son mouvement. Il s’allongea à nouveau, puis la déplia soigneusement sans omettre de la lisser pour rendre les caractères plus lisibles. L’avocat détailla d’abord les courbes dessinées par l’écriture fine, puis la couleur de l’encre, noire. C’est seulement après qu’il se mit à déchiffrer les mots sibyllins.

« Tu ne retrouveras la paix de ton âme que lorsque sept meurtres auront été accomplis. »

Le jeune homme relut plusieurs fois la phrase, en essayant de comprendre le message que couvait les lettres. Sept meurtres ? Qui donc pouvait bien proférer pareilles menaces contre lui ? Et surtout, pourquoi ?

Dans tous les évènements, cette même question revenait perpétuellement: « Pourquoi ? ». A priori, aucune raison apparente n’expliquait le décès d‘Eloïse, l’intrusion des agresseurs chez le jeune homme, ni même les menaces proférées au travers du papier qu’il venait de trouver. Comme chaque jour, Gustav était rentré chez lui après une longue journée de travail. Comme chaque soir, il s’apprêtait à embrasser sa bien-aimée en rentrant. Mais quel destin avait bien pu s’immiscer dans ses habitudes au point de le réduire à néant ? Si les larmes ne coulaient plus sur les joues du blond, c’est avant tout parce qu’il n’en avait pas la force. En ressassant la vue du corps inerte de sa femme, il ne pouvait que s’imaginer l’horreur de l’absence qui le rongerait durant les prochains jours, les prochains semaines, les prochains mois, voir même les prochaines années. Et son enfant ? Pourquoi venait-t-on de lui arracher son rejeton alors même qu’il ne lui restait plus que quelques semaines avant de venir à la vie ? Pourquoi ce monde respirait-il autant l’injustice ?

Si Gustav était quotidiennement confronté à l’iniquité du monde, il prônait avant tout un monde égalitaire où chacun pourrait voir ses droits respectés. Alors pourquoi tuait-on mentalement cet homme au service des libertés d’autrui?

L’avocat plia soigneusement le papier, puis le glissa dans la poche de son pantalon. Ses yeux tristes fixaient inlassablement les carrelages blancs. Il écoutait son cœur battre, le sang pulser dans ses artères bruyantes. Mais il ne comprenait pas cet engouement. Sa femme était morte. L’enfant qu’elle attendait avait subi le même sort. Alors pour qui cet organe pouvait-il bien battre ?
Gustav ferma les paupières, huma l’air environnant, âcre. Son corps fut parcouru d’intenses frissons. Le goût métallique du sang vint couvrir sa langue, et provoqua en lui un tel dégoût qu’il retroussa ses lèvres pour esquisser une grimace.

« Pourquoi donc t‘indignes-tu autant, Schäffer ? Ricana une voix faible. »
L’homme qui riait secrètement du sort de l’avocat contemplait son écran d’ordinateur, sur lequel étaient retranscrites les images filmées par les caméras placées chez la victime. Son visage était recouvert d’un capuchon noir, si bien qu’on ne pouvait distinguer que ses lèvres vives et son menton pâle.

L’homme se leva, puis observa son reflet dans le miroir situé sur le mur à sa gauche. Si l’image qui émanait de lui en aurait terrifié plus d’un, lui semblait se satisfaire de son étrange accoutrement. Une longue cape noire le recouvrait des pieds à la tête. Les seules parcelles de peau qui contrastaient avec cette sombre tenue étaient ses mains, ainsi que le bas de son visage. Il attarda longuement son regard sur ses ongles noirs, longs de plusieurs centimètres. Là où son poignet émergeait de sa cape, on pouvait apercevoir un morceau de dentelle qui ceinturait son articulation. Il avança une jambe, si bien que la cape glissa pour découvrir le bout bien ciré de ses chaussures, elles aussi noires comme la nuit. Les lèvres de l’étrange homme s’étirèrent en un sourire espiègle.

Le grincement des charnières d’une porte retentit dans le silence, puis une voix faible s’éleva dans l’air pour supplanter les affreux crissements métalliques.
« Maître, nous apportons la femme. »
L’interpellé s’arracha à ses contemplations et se retourna vers son interlocuteur, qui tremblait dans ses vêtements trop larges. Ses yeux étincelaient à la fois de peur et de fascination.
« Merci, Tom. »
La voix du Maître ricochait sur les murs en pierre, glaciale et tonitruante. Il leva sa main d’albâtre vers le tressé, qui recula de quelques pas. Ce dernier déglutit plusieurs fois, en gardant son regard figé sur les lèvres vives de son supérieur hiérarchique.

Comme tous ses complices, Tom considérait son Maître comme le mystère incarné. Le profond respect que ce dernier lui inspirait laissait parfois croire que cet homme était en réalité bien plus qu’un simple humain. Un semblant de divinité émanait de ses gestes gracieux et de son attitude indescriptible. Mais le plus étonnant dans sa façon d‘être, c’est que jamais il n’avait révélé son visage à ses hommes.

Le Maître, perdu dans ses pensées, fixait les genoux tremblants de Tom. Quand il eut reprit ses esprits, il reporta son attention sur les murs de pierre qui délimitaient la pièce, dégoulinants d‘humidité.
« Mettez la dans la chambre que je lui ai préparée. »
Le tressé s’inclina, puis fit demi-tour pour quitter l’antre de son supérieur. Une fois la porte derrière lui fermée, il soupira longuement, puis inspira profondément. Malgré ses années de pratiques, il se laissait toujours autant impressionner par son employeur. Et il n’était pas le seul. Le nouveau venu de la bande, Paolo, craignait tellement le supérieur qu’il s’agenouillait devant à chaque fois que ce dernier lui adressait la parole.

Tom s’engagea dans un couloir faiblement éclairé. Des lustres pendaient à intervalles réguliers et diffusaient sur les murs sombres une lumière tamisée. Au fur et à mesure qu’il avançait, le tressé sentait l’arme enfouie dans sa poche tressauter au rythme de ses pas. Il plongea la main dans son training pour l’empêcher de rebondir, et allia la paume de sa main à la crosse courbée.

Après une inspiration bruyante, il laissa les souvenirs affluer dans sa mémoire. Des souvenirs qui lui rappelèrent sa rencontre étonnante avec le Maître. Le jeune homme se replongea dans les vestiges de son passé, comme pour revivre à nouveau le délicieux goût de la victoire.

Hier encore, il n’était qu’une âme errante, au bord du gouffre, prête à sauter. Aujourd’hui, en revanche, son cœur battait ardemment, animé par le seul désir de vivre. Tout cela, il le devait au Maître.

*Flash back: Décembre 2008*

Les flocons de neige s’abattaient sans relâche sur les épaules de Tom, qui se baladait dans un verger. Certes, à cette saison, il ne cherchait pas de fruits, mais bien un peu solitude. Les branches tortueuses des arbres, dénuées de feuillage, s’inclinaient sous le ciel noir et tiraient leur révérence aux étoiles. Cela faisait plusieurs jours que le blond venait ce recueillir dans ce lieu isolé, à l’abri des regards. En général, il s’asseyait contre un tronc, et pleurait en silence durant de longues heures.

Beaucoup de passants curieux se seraient demandés ce qu’il faisait là, à méditer dehors par un froid pareil. Beaucoup se seraient affolés en le découvrant au pied d’un arbre, immobile, les lèvres bleuies par le froid et les larmes gelées sur les joues. A vrai dire, un élément important était intervenu dans la vie de ce jeune homme, quelques mois plus tôt, mais personne dans son entourage ne semblait vraiment s’en soucier. En quelques heures, le garçon jovial qu’on connaissait s’était refermé sur lui-même pour vivre dans un monde qu’il ne partageait qu’avec son esprit. Un monde de doute, d’angoisse, de regrets, de culpabilité.

Les psychologues se succédaient pour essayer de le tirer de ses pensées, ses parents le mutilaient moralement en espérant qu’il réagisse face à son attitude déplorable. Mais lui ne voyait que le désespoir d’un présent en ruines qu’il refusait de reconstruire. Dans sa tête, il se croyait mort. Et son âme errante passait son temps à traîner derrière elle le cadavre qui lui servait d’enveloppe charnelle.

Alors ce soir là, en se baladant entre les arbres sinueux, Tom décida de concrétiser une idée qui lui tournait en tête depuis de nombreuses semaines. Si auparavant, le courage pour le faire lui manquait, aujourd’hui, il voulait passer à autre chose. Il n’en pouvait plus de ne plus être lui. Il s’était déjà détruit une fois, en forçant un innocent à subir le même sort que lui. Le faire une deuxième fois ne lui semblait pas compliqué. Cette fois-ci, il espérait seulement être le seul à souffrir.

L’adolescent se baladait toujours entre les troncs, en scrutant l‘écorce sombre des cerisiers. Il savait précisément ce qu’il cherchait, sans pour autant parvenir à le retrouver. Son regard terne, teinté d’un voile de larmes, balayait inlassablement l’horizon. Ses pas s’enfonçaient dans la neige, traçant derrière eux de larges empreintes dans les flots de poudreuse. Et Tom continuait à avancer, tel un automate qui aligne inconsciemment un pied devant l’autre. Le vent le malmenait, le faisait chavirer de droite à gauche. Et s’il parvenait à avancer, c’était seulement avec la volonté d’en finir, d’éteindre les dernières braises qui parvenaient encore à réchauffer son corps par ce froid glacial.

L’adolescent arriva au pied de l’arbre qu’il cherchait. Il détailla la branche la plus basse, située à environ un mètre et demi de hauteur. Son bras se leva, ses doigts glacés se déployèrent pour attraper l’objet insolite qui s’y pendait: une corde.
Cela faisait plusieurs jours qu’il l’avait fixée là, en attendant le soir où il prendrait sa décision finale. Les doigts frêles se refermèrent autour de la corde râpeuse, la palpèrent, la caressèrent.

En vérité, Tom avait longuement hésité pour savoir quel endroit il choisirait pour mettre fin à ses jours. Au départ, il avait simplement pensé à sauter d’un pont. Mais la peur de finir noyé l’avait finalement rebuté. Alors il avait imaginé quelque chose de plus simple: s’ouvrir les veines dans sa baignoire. Malheureusement, l’idée de souiller la salle de bains de son sang le répugnait. Il imaginait déjà sa mère face à la vue du liquide, abattue par la découverte de son fils mort. Suite à cela, il avait opté pour une solution plus radicale, plus rapide et moins sale.

Le jeune homme décrocha la corde enroulée autour de la branche. Probablement qu’elle avait servi à assurer un cueilleur, qui risquait sa santé en grimpant dans les arbres. Mais pour Tom, elle aurait une bien autre utilité. Ses doigts frêles manièrent la corde, défirent les nœuds inutiles avant d’en faire un nouveau, coulissant, qu’il accrocha fermement à la branche. Tous les gestes de l’adolescent semblaient fluides, teintés d’obstination. Quand il eut fini, Tom ôta son pull qu’il laissa tomber sur la poudreuse blanche. Le vent s’infiltrait sous ses manches, glaçait son corps déjà froid. Mais il ne s’arrêta pas là. Il poursuivit en enlevant la seule couche qu’il lui restait: un T-shirt troué, qui valsa lui aussi dans la neige. Une frisson traversa l’échine du blond, qui prit de la neige à mains nues avant de la laisser fondre sur son torse. Le vent fouettait sa peau matte, l’obligeait à se hérisser de minuscules pointes.

Ensuite, le blond se releva. En tremblant de froid, il passa la corde autour de son cou, puis attendit. Il espérait que les pensées noires qui obstruaient ses pensées s’évanouissent pour ne plus laisser derrières elle qu’un profond oubli. Un néant. Il désirait à tout prix que son corps cesse de bouger, cesse d’exister. Il voulait que les dernières parcelles d’espoir qui le maintenaient en vie disparaissent à jamais. Il souhaitait juste mourir.

Il attendit ainsi de longues minutes. Le vent froid flagellait son torse maigre, sur lesquelles se dessinaient ses côtes, saillantes et tranchantes. Il mourrait de froid. Mais c’était le but. Il attendait de tomber d’épuisement, pour être sûr qu’une fois qu’il aurait lâché prise, il ne puisse pas se relever. Tom avait peur de rester en vie. Peur de souffrir davantage en continuant à errer dans le monde des vivants. Alors il prenait patience, et attendait le bon moment. Le froid le paralysait, l’affaiblissait rapidement, lui ôtait cette énergie qui lui permettait de survivre.

Désormais, il se sentait tellement faible qu’il avait du mal à penser, à réfléchir. Il ne parvenait pas à poser un jugement sur la bêtise qu’il désirait faire. Il savait seulement qu’il ne pouvait pas revenir en arrière. Il n’aurait de toute façon plus eu la force de se libérer de l’emprise de cette corde qui enserrait son cou.

Après environ une heure de patience, le jeune homme était toujours debout. Son corps grelottait, ses mâchoires, délimitées par deux lèvres bleues, claquaient l’une contre l’autre. Son regard fixait continuellement la neige blanche à ses pieds, qui recouvrait maintenant ses vêtements. Les flocons intempestifs s’écrasaient sur sa nuque, puis longeaient son torse avant d’être épongés par son jeans trempé. La respiration du blond n’était plus qu’un faible râle qui se dissipait dans l’air en produisant une légère buée.
Ses jambes tremblaient, le suppliaient de fuir. Mais tel une statue, il demeurait immobile. Quelques minutes plus tard, Tom leva les yeux au ciel. Il contempla la voûte étoilée, dans toute son immensité. Puis il ferma les paupières. Ses genoux, à bout de force, se dérobèrent sous lui. Le nœud qu’il avait soigneusement préparé se resserra autour de son cou, jusqu’à comprimer sa trachée.

La sensation d’étouffer la brûlait la gorge, des larmes brûlantes lui montaient aux yeux, ses mains s’animèrent, sans pour autant pouvoir atteindre la corde. Ses pieds remuaient dans la neige, cherchaient un appui. Mais Tom ne parvenait pas à se relever. De toute façon, il ne voulait pas se redresser.
Qu’il se soit pendu à une poutre au plafond à une clinche de porte, le résultat aurait été le même: il aurait refusé de se donner une chance pour reconstruire sa vie.

Les secondes qui s’écoulaient semblaient interminables pour le bel adolescent, qui agonisait. Les larmes qui affluaient sur ses joues le brûlaient tant sa peau était gelée. Il hoquetait violemment, comme pour forcer l’air à rentrer dans ses poumons, à soulager ses souffrances. Mais plus son enveloppe charnelle se débattait, plus le nœud se resserrait et plus ses espoirs s‘éteignaient.

Finalement, son corps lui aussi lâcha prise. La conscience de Tom commença à s’estomper progressivement. Une douce chaleur vint embaumer son corps. Un sentiment d’euphorie vint supplanter l’affreuse souffrance dont il venait d’être victime. Un voile noir vint recouvrir ses yeux. Et dans son esprit, il se mit à sourire. Il se tenait devant les portes de l’enfer.

*Fin Flash back*


Les pensées du bel homme se décrochèrent de son passé. En tenant la crosse du revolver tapi au fond de sa poche, il ne put s’empêcher de sourire. Le diable devait probablement le haïr pour avoir osé refuser sa compagnie.


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J'espère que vous aimez toujours... Même si ça reste glauque ! Avez-vous une idée de l'identité du Maître ?
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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Jeu 15 Avr - 18:20

J'aime toujours : ).

C'est Bill le maître, non ?

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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Dim 18 Avr - 9:58

Ma fois, tu le découvriras bien assez tôt...
Peut-être pas ce chapitre-ci, mais bientôt!

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Chapitre 3


Le Maître plaqua son imposante main sur une porte en métal, qui se mit à grincer quand il la poussa pour pénétrer dans la pièce qu’elle verrouillait. Immédiatement, il se retrouva face à ses hommes, qui le sondaient avec inquiétude.

Ses pas lents s’avancèrent dans l’antre glaciale, tandis qu’il dévisageait un à un ses complices, figés autour d‘un lit recouvert d‘un drap blanc. L’un d’eux s’écroula au sol, comme pour vénérer son supérieur, tandis qu’un autre, plus effronté, prit la parole.
« Maître, vous ne nous avez jamais dévoilé l’existence de cette chambre. Où sommes-nous exactement ? Et que voulez-vous faire à cette femme ? Demanda-t-il en désignant le lit.»
L’interpellé dévisagea son interlocuteur: un beau brun à l‘air arrogant et au regard hypnotique. Il lui répondit par un léger rictus, avant d’expirer longuement et d’observer la buée qui filtrait entre ses lèvres s’évaporer dans l’air environnant.
« Nous sommes dans un congélateur, n’est-ce pas ? S’enquit une voix de femme. »

Le Maître, toujours masqué par son capuchon noir, étira les lèvres. Il détailla la chevelure bouclée et sauvage d’Angelina. Cette demoiselle était l’une de ses dernières trouvailles. Une femme pleine de hargne, remplie de qualités très intéressantes aux yeux de l‘homme qui l‘avait recrutée.

« Vous avez tout à fait raison, poupée, susurra la voix sifflottante et glaciale. »
Angelina se tourna vers le lit, derrière elle, et détailla la forme du drap qui enrobait la défunte.
« Pourquoi garder ce corps ? Vous ne pourriez pas simplement l’enterrer ? Les autorités auraient plus de difficultés à le retrouver. »
La répulsion qu’évoquait le regard d’Angelina vis-à-vis du cadavre amusa l’homme qui était à la tête de cette étrange manigance. Pour seule réponse, il articula un faible:
« J’en aurai besoin à l’avenir. Je souhaite juste qu’il soit bien conservé. »

Tom, qui observait son supérieur avec cet habituel mélange de peur et de fascination, décida de tourner le regard. Il détailla la pièce qui l’entourait. De longs rideaux noirs tapissaient les murs hauts, plongeant la chambre dans une atmosphère vide. Un lustre pendait au plafond, et diffusait une lumière éblouissante qui ricochait sur le lit blanc. On ne trouvait dans ce lieu aucun tableau, ni aucune décoration; pas même un bouquet de fleurs. Même le mobilier manquait: la pièce ne comportait que le lit double et deux tables de chevet. Tom trouvait cette chambre étrange. Au moins aussi étrange que la personnalité de son supérieur. S’ils se côtoyaient depuis près de deux ans maintenant, Le Maître restait toujours un inconnu aux yeux du tressé. Peut-être était-ce dû à son comportement lunatique, ou encore à son renfermement sur lui-même. En deux ans, jamais l’homme masqué ne s’était laissé emporter par ses émotions. Il arborait toujours son attitude sereine et hautaine, renforçant ainsi la distance qui le séparait du statut d’être humain. Aucun ressenti ne filtrait à travers ses lèvres vives. Aucune ride sur le pourtour de ses commissures ne marquait l’angoisse de la tristesse qui le rongeait. Mais en cet instant, Tom était persuadé d’une chose: Le Maître manigançait d’affreux plans, et il se servait de lui comme d‘un pantin.

Le tressé se crispa à cette idée, serra les poings. Mais en sentant la crosse du revolver dans le fond de sa poche, il se détendit. Peut-être qu’on le manipulait, mais n’étais-ce pas son devoir d’aider celui qui l’avait arraché aux griffes de la mort ? Au fond, même si on se servait de lui, Tom se sentait heureux aux côtés de cet homme étrange. Il avait retrouvé sa joie de vivre.

*Flash back: Décembre 2008*

La peau en fusion, le beau blond se tortillait sur lui-même pour échapper aux brûlures qui consumaient sa peau. Les flammes de l’enfer, qui languissaient sur son torse, lui semblaient beaucoup moins agréables qu’au moment où elles l’avaient simplement enrobé d’une douce chaleur.

Tout autour de lui était plongé dans une totale obscurité, noire et étouffante. Ses lèvres affamées cherchaient l’air, mais tout ce qui entrait dans sa trachée le dévorait de l’intérieur. Il se tortilla à nouveau, colla son dos au sol.

La sueur perlait sur son front, tandis qu’il gémissait dans son silence. En cet instant, il commençait à douter de son choix. Allait-il vraiment moins souffrir dans cet au-delà que sur sa bonne vieille terre ? Les regrets qu’il nourrissait, pourrait-il enfin les oublier ? Ou au contraire, le sort qui l’attendait se résumerait-il à une incessante souffrance physique destinée à lui faire perdre la tête ?

Le blond se mit à hurler dans son sommeil. Aussitôt, l’homme qui se tenait à son chevet appliqua une éponge humide sur son front pour essuyer le film de sueur qui recouvrait chaque parcelle de sa peau brûlante.
« Ne t’en fais pas petit. Je vais prendre soin de toi. »

Mais Tom n’entendit rien. Il était trop occupé à gémir, à tenter d’apaiser la chaleur hallucinatoire qui le faisait flamber. L’air lui manquait, mais respirer le martyrisait. Ses doigts se crispèrent, ses ongles s’enfoncèrent dans la paume moite de sa main.
A côté de lui, l’homme encapuchonné commençait à se sentir désemparé. Certes, il avait déjà vu bien des choses, mais retrouver un garçon au bord du suicide, pendu à un arbre et gelé jusqu’aux entrailles ne faisait pas partie de son quotidien. Que pouvait bien désirer ce jeune homme pour désirer une fin pareille ? Cette question l’inquiétait.

Les doigts délicats du sauveur s’activaient à leur tâche: frotter sur le corps du recueilli de la neige fraîche, pour que son organisme se réhabitue progressivement à la chaleur ambiante, essuyer la sueur qui perlait sur son front, tenter de l’immobiliser pour qu’il ne fasse pas de mauvaise chute quand il s’éveillait légèrement. Tout cela demandait un travail énorme, mais le mystérieux ange gardien veillait au confort de son protégé.

De son côté, Tom commençait à s’agiter. Ses pensées troubles ne parvenaient pas encore à saisir la réalité du monde qui l’entourait, mais il savait déjà discriminer les sensations désagréables de celles qui le soulageaient. Il se croyait encore dans son enfer, il s’imaginait encore entre les flammes flamboyantes du monde des morts.

Dans ses songes, il cru même entrevoir Hadès. Visage blême, lèvres vives, cape noire. Telle était la description parfaite du diable en personne.


Il fallut encore plusieurs heures de dur labeur pour que Tom reprenne ses esprits. Au petit matin, il ouvrit pour la première fois les yeux dans le but de détailler le plafond blanc qui s’étendait devant lui. Son Hadès, quant-à-lui, souriait faiblement.

« Comment te sens-tu, petit ? »
L’interpellé tenta de se redresser, mais son interlocuteur l’allongea aussitôt sur la table sur laquelle il l’avait soigné.
« Tu vas te faire du mal ! Reste encore allongé un peu. »
Tom soupira profondément, inspira une nouvelle fois cet air qui lui brûlait la gorge. Certes, la douleur semblait moins vive, mais elle demeurait bien présente. Autour de lui, le décor lui paraissait totalement inconnu. De hauts murs de pierre soutenaient une voûte blanche comme la neige. Aucune fenêtre ne permettait l’accès de la lumière dans la pièce.

« Je suis mort ?
S’enquit le blond, avec un ton gorgé d’espoir.
-Toi seul le sait, petit, répondit la douce voix de l’ange gardien. »

Tom toussota, et prit conscience que son corps lui répondait. Il en fut tout éberlué. Alors même dans l’au-delà, il gardait un organisme propre ? Lui qui avait peur de n’être plus qu’une pensée dénuée de mouvements, il se voyait désormais rassuré. Le blond amena ses mains à ses yeux, les contempla longuement, comme s’il se redécouvrait. L’homme prostré à ses côtés l’observait attentivement, fier du travail qu’il venait d’accomplir.

« Comment t’appelles-tu, mon enfant ? »
Tom dévisagea son interlocuteur, légèrement impressionné par la pâleur de sa peau.

« Tom. Et vous ?
- Je porte le nom que tu désireras me donner. »


Le blond sourit, puis observa ses doigts à la teinte bleutée. Les marques de sa tentative de suicide jonchaient son corps. Lui ne voyait que ses mains, mais il devinait les traces qu’avait laissées la corde sur son cou frêle.

« Alors je vais y réfléchir. »
L’homme drapé de noir s’assit à côté de la table, et continua la contemplation de son protégé. Les questions lui tournaient en tête. Pourquoi donc ce petit convoitait-il tant la mort ?

Tom s’allongea sur son lit de fortune. Ses paupières fines se soulevaient et se refermaient à un rythme régulier. Il écoutait tous les bruits qui l’entouraient. Puis il porta sa main à son cœur, l’air grave.

« Monsieur ? Pourquoi est-ce que si je suis mort, je ressens encore de la culpabilité face à mes actes antérieurs ? Je pensais qu’elle se volatiliserait. Et puis, est-ce normal que mon cœur batte encore ? »

L’interpellé baissa la tête, masqua ses lèvres derrière le pan de tissu qui couvrait son front. Il tâta le bord de la table, apparemment crispé et mal à l’aise.

« Monsieur, suis-je vraiment mort ? Je commence à avoir froid ! Pourquoi est-ce que je ne souffre plus lorsque l’air s’engouffre en moi ? Pourquoi est-ce que je ne me consume plus ? Où est le feu de l’enfer ? »


Personne ne répondait à la voix du jeune homme. Celle-ci s’évanouissait dans la pièce, telle un râle.

« Qui êtes-vous ! Etes-vous Hadès ?
-Non, petit. »


De fines larmes naquirent au coin des yeux de Tom, qui se releva aussitôt. Les vertiges firent tourner ses pensées, ses questions, ses espoirs. Quand sa tête retomba sur son oreiller, il laissa échapper un sanglot.

« Je le savais. Vous n’êtes pas quelqu’un de bien. Vous m’avez sauvé la vie, n’est-ce pas ?
-Tom…
-J’en ai marre de cette terre, marre de ce monde qui refuse de m’écouter. Alors pourquoi m’avez-vous sorti du trou à rats dans lequel je voulais sombrer ? C’était mon choix et mon droit, de mourir. »


Face à l’attitude rebelle de son protégé, l’homme se leva d’un bond, quitta la pièce, puis revint aussitôt en dissimulant dans sa manche un objet illicite.

« Petit, tu as besoin de repos. »
Il apposa l’aiguille contre l’avant-bras de son protégé, l’enfonça dans la chair encore froide, et injecta l’anesthésiant dans le corps du blondinet, qui sombra à nouveau dans un sommeil agité.

L‘étrange inconnu, quant-à-lui, désirait prendre un peu de temps pour comprendre comment faire changer Tom, afin qu’il reprenne goût à la vie. Le laisser éveillé rendrait la tâche bien trop compliquée.

*Fin Flash back*
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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Dim 18 Avr - 10:42

Nouvelle lectrice =)

j'adore I love you
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MessageSujet: Re: [E.C.] Paradox   [E.C.] Paradox Icon_minitime1Mer 5 Mai - 14:21

Bienvenue dans l'aventure Elsa... Very Happy

Chapitre 4

Depuis trois interminables journées, Gustav passait son temps assis sur le canapé du salon, à méditer. Il ne parvenait toujours pas à comprendre le sens de la mort de sa bien-aimée. Quel être pouvait se révéler assez sombre que pour lui pourrir la vie qu’il projetait, qu’il avait construite durant des années ? Et surtout, quel motif pouvait bien expliquer cela ? Les mêmes questions lui tournaient continuellement en tête, sans pour autant profiler le moindre semblant de réponse.

Toutes les heures, le portable de l’avocat se mettait à sonner, en diffusant dans le salon un effroyable tintamarre. Mais à chaque appel, Gustav demeurait indifférent et immobile. Il regardait le téléphone d’un air désespéré, avant d’attendre que la musique criarde cesse de lui casser les oreilles.

Même se lever de son fauteuil lui demandait un effort trop important que pour qu’il ne se décide à bouger. Alors il restait planté là, à essuyer les larmes qui perlaient sur ses joues, à se remémorer la douceur de la peau de sa femme, l’odeur de son parfum, la saveur de sa peau, la tendresse de ses caresses. Seuls les souvenirs parvenaient à le consoler.

Depuis trois jours, Gustav ne mangeait plus, ne buvait plus. Il attendait simplement que la volonté de voir la vie continuer vienne le gagner. Peut-être qu’elle ne viendrait jamais.

L’avocat contemplait les murs. Tout ce qui l’entourait lui semblait terne, mort, vide. Son cœur battait au ralentit, ses membres glacés cherchaient une chaleur qui s’était évaporée. Ses narines humaient un air dénué de l‘habituel arôme parfumé de son épouse.

En y songeant, il se dit qu’il devait sûrement être affreux à contempler, derrière ses yeux bouffis et ses lèvres crevassées. Mais il s’en moquait. Quelle importance peut-on accorder à notre apparence lorsque qu’on a plus personne à qui plaire ?

L’avocat rabattit ses jambes le long de son torse. Sa respiration lente résonnait faiblement dans la pièce vide. Il se sentait seul. Seul au monde. Pourtant, il n’aurait eu qu’à tendre la main pour obtenir un peu d’aide. Mais il n’en avait pas la force. L’espoir lui manquait. Le désir de continuer à se battre aussi.

Gustav massa son front, glissa sa main dans ses cheveux en retraçant les contours de sa plaie. La douleur, même vive, ne parvenait pas à égaler celle que lui provoquait son cœur morcelé.

Soudain, trois coups retentirent à la porte d’entrée. Il ne répondit pas, comme d’habitude. Sa solitude semblait suffire à sa peine. Il ne voulait ni parler, ni partager.
« Gustav ? Eloïse ? »

A l’entente du nom de sa bien-aimée, l’avocat se laisse submerger par les émotions. Même son corps, il ne pouvait pas l’enlacer. On lui avait tout enlevé. Tout. Même sa dignité. Comment faire le deuil d’une personne que vous n’avez pas eu le temps de voir disparaître ?

La clinche de la porte d’entrée bascula, les gonds se mirent à grincer.
« Gustav ? »

Cette voix, il la connaissait bien. Mais aujourd’hui, il ne voulait pas l’entendre. Peut-être que si ses jambes avaient eu la force de le porter, il serait parti se cacher. Mais même ça, il s’en sentit incapable.

L’entrebaillure de la porte qui donnait sur le salon s’agrandit. L’avocat reconnu derrière l’embrasure le visage d’un collègue inquiet.
« Gustav ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Ca fait des heures que je t’appelle ! Et pourquoi tu ne viens pas au boulot ? Tu te rends compte que tes clients attendent que tu ailles les défendre ? »

Les lèvres du beau blond restèrent closes. Il prit en main son portable, et le jeta à terre. Son collègue l’observait avec scepticisme. Il détailla alors la victime, en tentant de comprendre ce qu’il avait pu lui arriver. S’il remarqua facilement sa mine malheureuse, la raison de son comportement lui échappait. D’habitude, Gustav se révélait extraverti, heureux. On le considérait à son travail comme un joyeux luron. Pas comme une loque muette et au regard fuyant, affalée depuis trois jours sur un canapé maculé de sang.

« Tu t’es battu ? Gustav… Où est Eloïse ? »
L’interpellé demeura sourd face aux questions de son collègue. Seules ses larmes limpides recommencèrent à ruisseler sur ses joues. Frank, son ami, s’approcha de lui à pas lents.

« Ecoute. Il va vraiment falloir que tu m’expliques certaines choses, tu sais. Tu ne donnes plus aucun signe de vie ! Ca ne te ressemble pas ! »

Le beau blond ferma les paupières, s’isola dans son monde de noirceur et de déchéance. Il n’entendait plus la voix de son ami, ne percevait plus la douleur de ses plaies. Il revoyait le visage souriant de sa femme.

« Gustav ! »
La voix ne le tira même pas de ses rêveries. Les hallucinations le rendaient heureux. Il voulait encore croire à un possible retour à sa vie d’antan.

« Gus! »
Frank le secouait comme un pommier. L’avocat ouvrit donc enfin les yeux. Il toisa son ami avec indifférence, avant de s’écrouler à nouveau contre le dossier de son fauteuil.
« Mais que t’es-t-il arrivé ? Bon sang ! Pourquoi tu es si bizarre ? Eloïse est partie ? »

Son collègue voulait probablement parler d’une rupture amoureuse. D’une histoire de couple qui prenait fin à cause d’une séparation désirée par l’un des conjoints. Mais Gustav ne l’interpréta pas de la sorte. Oui, Héloïse était partie, assassinée par les mains d’un inconnu. Et sa dépouille reposait maintenant dans un lieu secret, probablement entre les mains des délinquants qui s’étaient immiscés chez lui.

L’avocat hocha la tête. Son collègue sembla soulagé. Ce n’était pas la première rupture amoureuse de Gustav.
« Et mon grand, tu vas t’en remettre ! Tu sais, les filles, c‘est incompréhensible. Elles s’invitent dans ta vie pendant plusieurs mois, puis elles partent en coup de vent sans que tu ne comprennes pourquoi elles se volatilisent. C’est mystérieux, ces êtres. C’est bien plus compliqué qu’un simple homme. »

En lui-même, Gustav suppliait son ami de se taire. Il lui reprochait ses conclusions hâtives, son attitude déplacée, et surtout son entêtement à croire que les femmes sont toutes les mêmes. Certaines ne s’envolent pas en coup de vent. Certaines rêvent d’un prince charmant. Mais comme cette vie ne semble pas assez misérable, les imposteurs fauchent les âmes des belles innocentes qui croient encore à l‘amour pur.

« Et puis tu sais, tu en trouveras une autre. Tu sais ce qu’on dit. Une de perdue, dix de… »

Gustav fusilla son collègue du regard.
« Ben quoi ? Répondit Frank en se demandant où était l’erreur qu’il venait de commettre. »

Et pour la première fois depuis des jours, le jeune avocat laissa les paroles s’écouler entre ses lèvres.
« Elle ne reviendra pas, tu sais.
- Et alors, c’est pareil avec tes ex de toute façon !
- Frank! Elle n’est pas partie de sa propre volonté ! Je ne l’ai pas non plus poussée à partir. Maintenant, laisse-moi seul. Je n’en peux plus de tes conneries. Tu fais comme si tu savais pertinemment ce qui m’arrivait. Mais crois-moi, tu es à côté de la plaque. Tu es bien loin de la vérité. Si tu savais l’horreur qu’on vient de me faire subir, tu aurais déjà quitté cette pièce, tant tu aurais peur de me voir me révolter contre le premier venu. Alors pars, maintenant. Pars et laisse-moi seul. »


Le regard du beau blond s’était envenimé d’une soif de vengeance. Désormais, son corps incandescant brûlait d’une haine indicible. Il voulait sa femme. Il voulait son corps. Il voulait l’enfant qu’elle portait. Il n’en pouvait plus de l’impuissance qui le maintenait immobile, plongé dans ses pensées mais incapable d‘agir. Il aurait tellement aimé protéger sa famille, comme le faisaient tous les bons pères et tous les bons maris. Mais il gisait là, sans savoir par où commencer pour réclamer la justice.

« Gustav, tu peux m’expliquer tu sais.
-Pars. Va-t-en.
-D’accord. Mais si tu as besoin d’aide, appelle-moi. Quand tu te sens prêt ! »


L’avocat effrayait son collègue, qui commençait à vouloir fuir. Jamais son ami ne s’était montré aussi antipathique et révolté. Aucune rupture ne l’avait jamais mis dans un pareil état. Et tandis que Frank commençait à sérieusement se questionner sur la raison qui expliquait pareil comportement, il obéit aux ordres de son interlocuteur.

Ses pas lents le ramenèrent jusqu’à la porte d’entrée. Gustav le guettait.
« A la prochaine ! Lança Frank, inquiet. »

Il n’eut aucune réponse. Et l’avocat se replongea dans son état de coma semi-éveillé. Il percevait le bruit du vent qui claquait contre les vitres, il sentait le frisson glacé qu’apportait l’air hivernal. Mais à côté de ça, il refusait de penser. Dès que sa conscience rebondissait, les larmes gagnaient à nouveau ses joues. Combien de temps durerait ce deuil ? Il l’ignorait. Tout ce dont il était persuadé, c’est que sa vie se réduirait désormais à un désir de vengeance. Et le jour où il gagnerait son combat, il aviserait. Mais il ne partirait pas. Pas avant d’avoir fait payer son crime.

La main de l’avocat s’engouffra dans la poche de son jeans. Il tâta le morceau de papier qu’il avait trouvé à son réveil, juste après l’enlèvement de sa femme. Ses lèvres récitaient par cœur la phrase sibylline qui lui avait été retranscrite:

« Tu ne retrouveras la paix de ton âme que lorsque sept meurtres auront été accomplis. »

Son destin lui paraissait déjà tout tracé. Mais en réalité, aucun destin ne l’avait mené là. Si une histoire déjà écrite l’attendait, c’est simplement parce qu’un manipulateur venait de prendre les commandes de sa vie. L’homme qui tenait les ficelles de son existence voulait être le producteur d’un scénario périlleux et palpitant, bouclé sur une fin tragique. Dans cette histoire, il n’y aurait ni acteur, ni héros. Seulement des pantins, des marionnettes, des gens trop prévisibles à la merci d‘un esprit psychotique…



Fin Partie 1
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